Agnès Jaoui entraine Bacri et Marilou Berry dans cette nostalgique comédie

Diffusé le dimanche 27 septembre sur Arte et présenté en compétition au Festival de Cannes 2004,  Agnès Jaoui s’est vu décerné le Prix du scénario pour sa comédie singulière, Comme une image. Ce film marqua les débuts à l’écran de Marilou Berry, fille de la comédienne Josiane Balasko - qui avait joué auparavant dans Ma Vie est un enfer, réalisé par sa mère en 1991. Agnès Jaoui se souvient de cette jeune comédienne lors du casting :  « (…) C’était Marilou Berry et elle m’a tout de suite plu. Elle avait un côté mal dans sa peau et en même temps, son visage vous disait : Je vous emmerde. J’aimais ce qu’elle dégageait, son côté buté. Elle correspondait au personnage de Lolita (…) ».

Le début de cette histoire passe aussi par la septième collaboration avec Jean-Pierre Bacri comme scénariste. Ils ont voulu illustrer le rapport père-fille sous toutes les coutures… Agnès Jaoui ajoute même « C’est quelque chose que je connais, que j’ai vu autour de moi et qu’on avait envie de traiter depuis longtemps au théâtre. Et puis, on avait envie de parler du pouvoir, même si on avait déjà un peu exploré ce thème dans Cuisine et dépendances. C’était le pouvoir du point de vue de ceux qui le tolèrent, non du point de vue du tyran. Il n’y a pas un jour où je ne suis pas étonnée de voir comment les gens acceptent de se faire parler, traiter, écraser, moquer. »

Affiche de film

Affiche de film

C’est pourquoi Agnès Jaoui prend comme point de départ une adolescente comme héroïne du film, où lorsque celle-ci permet d’aborder des thèmes de la vie comme le poids de l’image et des modèles de manière plus frontale…

Lolita Cassard (Marilou Berry), vingt ans, en veut au monde entier, parce qu’elle ne ressemble pas aux filles des magazines, et aimerait tellement se trouver belle, au moins dans le regard de son père, trouver son regard tout simplement.

Etienne Cassard (Jean-Pierre Bacri) regarde peu les autres, parce qu’il se regarde beaucoup lui-même et qu’il se sent vieillir.

Pierre Miller (Laurent Grévill), un écrivain, doute de ne jamais rencontrer le succès, jusqu’au moment où il rencontre Etienne Cassard.

Sylvia Miller (Agnès Jaoui), un professeur de chant, croit en son mari, en son talent, mais doute du sien et de celui de son élève Lolita, jusqu’au moment où elle se rend compte qu’elle est la fille d’Etienne Cassard, cet auteur qu’elle admire tant.

C’est l’histoire d’êtres humains qui savent très bien ce qu’ils feraient s’ils étaient à la place des autres mais qui ne se débrouillent pas très bien à la leur, qui la cherchent tout simplement.

(Source : Allociné)

Tout d’abord, Agnès Jaoui signe (encore) un chef d’oeuvre Français magnifique grâce à l’interprétation fiévreuse mais excellente (comme toujours) d’un Jean-Pierre Bacri dans ce rôle de père écrivain connu et celle de sa fille, 20 ans, interprétée par Marilou Berry, écrasée par la notoriété de son père et complexée par son poids, qui va tenter de trouver un sens à sa vie… Lolita est à un âge où l’on se cherche, elle n’est pas très à la mode. Et, c’est vrai qu’à cette époque, la beauté est absolument admise aujourd’hui, d’autant qu’il n’y a plus qu’un seul modèle et les caractères d’identifications peuvent exprimer le malheur d’une personne.

Jean-Pierre Bacri et Marilou Berry

Jean-Pierre Bacri et Marilou Berry

On comprend très vite que l’un et l’autre ont beaucoup de choses à apprendre ensemble… Ce n’est pas toujours facile les relations pères-filles mais grâce à leurs différentes confrontations que leurs interprétations se révèlent pleine de vérité. Marilou Berry essaie d’exister et de se dépasser elle-même via les cours de chants qu’Agnès Jaoui lui donne et les conseils de son (petit) copain. Mais elle doit faire face à son père qui l’étouffe au point de l’effacer de sa vie, comme si elle n’a jamais n’exister. Pas forcément facile de prendre son indépendance et d’exister aux travers de ses propres expériences…

Marilou Berry et Agnès Jaoui

Marilou Berry et Agnès Jaoui

Tout y passe, Agnès Jaoui (nous) décrit l’hypocrisie et les rapports humains entre les différentes classes sociales d’une manière très spontanés sans arrière pensée. Son film n’a pas pour letmotiv de dresser une morale sur les relations humaines (pourtant) complexes mais plutôt une réflexion sur l’image de notre société et de l’importance démesurée et absurde qu’elle peut parfois donner.

L’interprétation des comédiens ne manque pas de justesse et de précision qu’on a le sentiment réel que rien n’est improvisé dans une mise en scène implacable, et dont la notoriété et le regard des autres sont évoqués sans aucune pudeur.

PS : Le DVD est disponible depuis le 3 avril 2006

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