Alexandre Aja s’éclate avec Piranha 3D, spectacle gore dantesque qui réjouit les derniers spectateurs estivaux.
Ca y est, les vacances sont finies ? Vous allez bientôt reprendre le chemin du boulot et vous levez un peu plus tôt ? Pour ceux qui regrettent déjà que ces jours paisibles soient passés, je ne saurais que leur conseiller d’aller se ruer sur ce Piranha 3D, réalisé par le frenchie fou Alexandre Aja (La Colline a des Yeux). Bien que sorti chez nous le 1er septembre à cause de la très longue post-production, on tient là bel et bien LE film de l’été, avec jolies filles en bikini, fiestas d’enfer sous le caniar… et surtout gros poissons furieux prêts à faire de tout ce beau monde de la charpie !
Le film commence avec Matt Hooper (oui, oui, l’océanologue des Dents de la Mer, repris par Richard Dreyfus) qui pêche gentiment dans le lac Victoria. Mais il fait tomber une bière dans l’eau qui, accompagné de tout le reste de la pollution de masse dans le lac, ouvre une faille qui laisse échapper des piranhas préhistoriques affamés. Ca tombe bien, le spring breaker s’organise au même moment, avec tout son lot d’étudiants bourrés, de bimbos atomiques et de caméramen pervers… Vous l’aurez compris, le but d’Alexandre Aja avec ce film est de bien se marrer, de s’éclater autant que ces spring breakers en prenant un malin plaisir à les voir se faire bouffer ! A l’image de cette scène monumentale où les piranhas viennent interrompre un concours de t-shirts mouillés, prétexte pour Aja de filmer une hécatombe aquatique où ne flottent dans l’eau rouge que des membres déchiquetés ! L’utilisation de la 3D va évidemment dans ce sens de défoulement, en faisant surgir de l’écran les éffusions de sang ou pour rendre justice aux formes généreuses de ses actrices. Le tout est un spectacle horrifique et sexy complètement décérébré, montrant autant que Les Dents de la Mer suggérait. La cerise sur le gâteau étant sans doute ces deux actrices pornos nageant nues dans les fonds du lac sur un air de musique classique…
Cependant, ce spectacle, aussi hautement jouissif qu’il peut être, n’est pas totalement gratuit. S’attardant autant sur la décadance du spring break que sur ses poissons tueurs, Alexandre Aja fait un portrait pas très glorieux de cette jeunesse américaine pour le moins ébréché. Bières et culs sont les deux seules choses qui intéressent ces étudiants irresponsables, sensibles qu’aux plaisirs de la chair, qu’aux sensations superficielles. “En voyant des images du Spring break sur MTV, et après avoir découvert l’endroit, j’ai réalisé à quel point c’était un peu le stade terminal de la civilisation” a-t-il même déclaré. Du coup, le spectateur est logiquement amené à être du côté des piranhas qui coupent court à cette fête ridicule organisée par des abrutis fini ! Cela conditionne en fait toute la réjouissance que représente la boucherie lors du spring break. Peu de personnages méritent la reconnaissance du spectateur et n’ont donc le droit que de mourir de la plus horrible des façons. Aja a tout simplement compris que dans la plupart des films d’horreur, les personnages sont des têtes à claques, donc pourquoi devraient-ils s’en sortir ? C’est sur ce principe que Piranha 3D se construit, et c’est donc en toute honnêteté que le film se place comme l’un des plus grands spectacles de l’année. Le Avatar du film gore en somme…
NDR : Les bandes-annonces VF et VOST FR sont disponibles sur cet article.
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