Alexandre Arcady signe un beau rôle pour Patrick Bruel dans une histoire fraternelle forte !

L’après-midi était très agréable, je suis allé voir vendredi « Comme les 5 doigts de la main », le dernier film d’Alexandre Arcady où il retrouve pour la cinquième fois Patrick Bruel (la première était « Le Coup de sirocco ») dans cette grande famille avec ses quatre autres frères très différents,  dont le papa est mort beaucoup trop tôt…

L’ainé, Dan Hayoun (Patrick Bruel) dirige un restaurant comme sa famille. Il a d’ailleurs repris le rôle du patriarche avec trois de ses frères que sont Jonathan, (Pascal Elbé), pharmacien le plus respectueux des valeurs familiales, Julien (Eric Caravaca), professeur, un peu décalé et Michael (Mathieu Delarive), le très nerveux qui passe la moitié de son temps au lit avec son amie et flambe son argent au poker. Et, le petit dernier, David (Vincent Elbaz) qui semble avoir une vie très compliquée, il s’est éloignée loin de sa famille et réapparait brutalement avec un lourd secret…

Comme le titre l’indique bien, ils se comptent sur les doigts d’une main, les cinq frères vont défendre et venger la mémoire de leur père assassiné. Quant à leur mère Suzie, elle existe grâce à l’amour fort de ses fils et des coutumes juives qu’elle suit rigoureusement.

De part ses origines natales, Alexandre Arcady a toujours aimé dépeindre la communauté juive avec une thématique mafieuse (Le Grand Pardon) et policière (Hold up). Il est aussi probable que certains s’attendent à une suite du Grand Pardon mais avec ce nouveau film, il s’est avant tout intéressé à décrire la vie familiale et de l’amour fraternel. Or, nous pouvons y voir que ce dernier est un élément substantiel fort s’appuyant sur des références cinématographiques des années 60-70, telles des codes d’honneur, une certaine façon de parler et un sens du respect…

Le début du film, Alexandre Arcady s’attache à montrer chacun des frères ensemble puis individuellement dans leur vie personnelle tout en mettant en évidence leurs différences et solidarités. Autour d’eux gravitent des femmes : l’épouse fidèle de Jonathan, la compagne séduisante de l’ainée Dan, Linda (Caterina Murino), la petite amie séductrice de Michael. Le retour du petit dernier, David, va alors chambouler leur petite vie harmonieuse, un différend passé le liant à Dan, avant que la solidarité et l’amour fraternel ne reprennent le dessus. C’est à ce moment-là où tout commence à prendre forme !

Et, puis il y a ces thèmes de solidarité et de fraternité qui sont très fort pour cette famille et vont (très vite) devenir le sujet principal du film au détriment des autres protagonistes beaucoup moins esquissés. Ce qui apporte un motif supplémentaire pour les cinq frères puisque tout ce qui gravite autour d’eux n’aura plus d’importance ET que seul l’honneur d’une famille viendra les délivrer. Sans doute certains s’attendaient-ils à un thriller haletant, et même si le film se dégage pour montrer le basculement des cinq frères dans une terrible violence, là n’était pas le but !

L’histoire est parfaitement rythmée et ficelée avec des dialogues acerbes où plus rien ne sera plus comme avant pour cette famille ordinaire. La musique n’est pas en reste, elle impose une certaine tension et permet au film de gagner en nervosité avec une ambiance oppressante. Mais là où le film excelle et renforce davantage l’intrigue, c’est dans les face-à-face entre les frères Dan et David, Dan face à sa mère, Suzie ou encore Dan face à son épouse Linda, couple énergique qui doit sa plausibilité au magnétisme de Patrick Bruel et de Caterina Murino. On comprend donc toute l’intensité de ce polar efficace, où lorsque nous voyons les cinq frères déclencher la guerre lors de l’assaut final (même la jeune commissaire n’y comprend plus rien).

J’avoue aussi que le final est assez désarmant, il nous offre une très belle histoire, une moralité très juste et une interprétation fiévreuse des comédiens qui rendent le spectacle divertissant, à défaut d’être inoubliable ! Parce que ça fait tellement longtemps de n’avoir pas revisité un vrai polar digne des années Audiard, Delon… Faut y aller pour l’ambiance, le réalisateur et les comédiens tous exceptionnels qui retranscrivent une sacrée époque…

Merci beaucoup Sandra de votre excellente critique sur votre blog In The Mood for Cinema ! J’avais peur de me sentir seul à avoir aimé cet honnête film d’Alexandre Arcady dans une histoire où règne la solidarité familiale, l’amour fraternel et des confrontations entre ces cinq frères tous différents mais qui partagent les mêmes valeurs.

Maintenant, nous sommes deux à avoir passé un bon moment. Je vous conseille vivement « Comme les cinq doigts de la main » qui sera vous faire oublier les grands films américains et français (« Camping 2 ») au profit d’un film prometteur et sincère avec un cinéaste fidèle à ses thèmes de prédilection et racines.

Désolé d’avoir été un peu long mais difficile de faire plus court sur un si bon film…

http://www.dailymotion.com/video/xcnyh9

Aucune réponse

Trackbacks/Pingbacks

  1. Les tweets qui mentionnent Alexandre Arcady signe un beau rôle pour Patrick Bruel dans une histoire fraternelle forte ! | Cinematon | Critique de films -- Topsy.com - [...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Cinematon. Cinematon a dit: Alexandre Arcady signe un beau rôle pour Patrick ...
  2. Cinematon - Alexandre Arcady signe un beau rôle pour Patrick Bruel dans une histoire fraternelle forte ! ( http://bit.ly/cAICfP )

Lâche ta prose

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

  • RSS
  • Newsletter
  • Facebook
  • Google+
  • Twitter