Après Amélie Poulain, Jeunet signe une comédie délirante, Micmacs à Tire-Larigot !
Après Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain et Un long dimanche de fiançailles, Jean-Pierre Jeunet revient à la réalisation et choisit Dany Boon pour incarner le rôle principal de sa (nouvelle) comédie satirique sur le monde des marchands d’armes. Dans cette histoire originale portée par des couleurs fantaisistes, j’ai eu le plaisir de retrouver un univers décalé que Jeunet a utilisé dans Amélie Poulain. Lui et Guillaume Laurant partagent le même goût des petites choses anodines et leur donnent de l’importance avec un peu de gouaille et de mécanique bien trempée.
C’est par cette originalité débordante que Jean-Pierre Jeunet sait nous étonner. Il innove peu mais il aime se renouveler dans son propre style par des mises en scènes cocasses et des acteurs interprétant délicieusement leur rôle. Avant d’aller plus loin, je vous propose de revenir à l’élément principal de l’histoire : le synopsis…
Une mine qui explose au coeur du désert marocain et, des années plus tard, une balle perdue qui vient se loger dans son cerveau… Bazil n’a pas beaucoup de chance avec les armes. La première l’a rendu orphelin, la deuxième peut le faire mourir subitement à tout instant.
A sa sortie de l’hôpital, Bazil se retrouve à la rue. Par chance, ce doux rêveur, à l’inspiration débordante, est recueilli par une bande de truculents chiffonniers aux aspirations et aux talents aussi divers qu’inattendus, vivant dans une véritable caverne d’Ali-Baba : Remington, Calculette, Fracasse, Placard, la Môme Caoutchouc, Petit Pierre et Tambouille.
Un jour, en passant devant deux bâtiments imposants, Bazil reconnaît le sigle des deux fabricants d’armes qui ont causé ses malheurs. Aidé par sa bande d’hurluberlus, il décide de se venger. Seuls contre tous, petits malins contre grands industriels cyniques, nos chiffonniers rejouent, avec une imagination et une fantaisie dignes de Bibi Fricotin et de Buster Keaton, le combat de David et Goliath…
(Source : Allociné)
Encore une fois, Jean-Pierre Jeunet signe une comédie débordante et satirique, portée par des chiffonniers tous barrés voulant se venger des marchants d’armes qui ont causés quelques malheurs à Bazil (Dany Boon). La vengeance d’un petit contre les grands peut paraitre surprenante, les moyens pour y parvenir sont originaux : « De la récup’ quoi ! ». Même si Bazil a une balle logée dans la tête, il déborde d’immagination incroyable !
Comme dans Amélie Poulain, les dialogues, les décors et situations ne manquent pas d’extravagance et de cocasserie, tout comme les personnages qui y déambulent…
Dany Boon est un bon comédien et entraine avec lui ses autres partenaires loufoques, Placard (Jean-Pierre Marielle), La Môme Caoutchouc (Julie Ferrier), Remington (Omar Sy), Fracasse (Dominique Pinon), Tambouille (Yolande Moreau), Petit Pierre (Michel Cremades) et Calculette (Marie-Julie Baup). Jean-Pierre Jeunet nous étonne encore plus où lorsqu’il les met en situation face à ces marchands d’armes. On se marre devant les nombreuses situations drôles et raffinées, telles on appréciera Bazil, Placard et Fracasse laver les carreaux (à peine discret) ou encore mieux, Fracasse excite les chiens par des mimics à la gare de Lyon et Le Môme Caoutchouc dans la malle… On excelle davantage où lorsque Fracasse et Bazil se propulsent pour passer d’un endroit à un autre (c’est de la récup’ comme dirait Jean-Pierre Marielle). Y’a mieux avec le vigile et la caméra sur une scène… Mais où vont-ils chercher tous ça ?
Le film déborde de situations drôles dont la mise en scène est impeccable placée sur un ton absolument décalé. On apprécie aussi, Remington nous récitant sa prose ou encore Nicolas Thibault De Fenouillet (André Dussolier) collectionnant des objets insolites…
Jean-Pierre Jeunet ne cesse d’être inventif et de perfectionner sa mise en scène avec une telle précision et une originalité débordante, qu’il ne peut s’empêcher de valoriser des choses banales dans des situations drôles afin que nous savourions son univers (très) personnel. Son film est très réussi et donne une leçon de morale à ces cyniques marchands d’armes (en tout cas, bien joué de la part « des petits »).
Dégustez la bande-annonce sur http://www.cinematon.fr/jean-pierre-jeunet-retrouve-dany-boon-dans-un-drole-de-micmac/…





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