Après Just a Kiss, Ken Loach excelle dans Looking for Eric avec Eric Cantona et Steve Evets !
Après vous avoir parlé du film Just a Kiss en 2003, l’une des plus belles réalisations de Ken Loach, je vais vous parler cette fois-ci de sa nouvelle comédie anglaise, Looking for Eric où il donne la réplique à l’ancien footballer de Manchester United, Eric Cantona. Comme d’habitude, il signe une comédie très sociale, humaine sur le monde du travail, de l’amitié et de la famille.
Il est vrai que sa marque de fabrique, n’est pas toujours aussi drôle que l’on pourrait penser mais ça ce n’est pas grave. D’ailleurs, dans l’ensemble de ses films, il n’y ai jamais allé de main morte, bien au contraire, il a toujours su analyser très profondément et subtilement la société dans laquelle nous vivons pour en faire une « satire » sociale et glaciale.
Dans ce nouveau film, Ken Loach décide de changer légèrement la donne et de réaliser un film un peu plus léger sur la forme, mais tout aussi intéressant sur le fond. Il n’a pas perdu son sens d’analyse, toujours aussi précis et juste. Le film est décomposé en deux parties : la première partie s’intéresse surtout à la vie d’Eric Bishop (Steve Evet) pas très glorieuse jusqu’à ce qu’il rencontre le grand Eric Cantona en personne. Il va ainsi l’aider à comprendre ce qu’il est devenu aujourd’hui et à remonter dans les estimes de ses beaux-fils et surtout regagner l’amour de sa femme et de sa fille après les avoir abandonné…
Et puis il y a cette descente de police chez eux alors que toute la famille est enfin réunie, Lily (Stéphanie Bishop) et leur fille ainsi que ses deux beaux-fils. Je n’ai jamais vu une scène aussi effroyable, on a du mal à comprendre ce qui se passe, tout va très vite mais elle sera l’élément déclencheur pour Eric Bishop qui va faire basculer le film dans un drame social.
Ses deux beaux-fils fréquentent des dealers pas très sympathiques qui menacent la famille d’Eric. La scène où ce dernier se fait humilier devant un chien féroce et cette bande de dealer intenable, montre la pleine détermination et le courage d’Eric à vouloir aider ses deux beaux-fils – et lui-aussi – à sortir de cette impasse. Comme le dit si bien Eric Cantona, on a toujours le choix !
Le film doit toute sa prestance à Eric Cantona en interprétant un rôle sur son image avec un second degré absolument salutaire. Ken Loach a choisi la simplicité dans ses plans et cadrages, et dont les confrontations entre Steve Evets et Eric Cantona sont intéressantes, on comprend vite le parti pris que prend Ken Loach pour Eric Cantona. Pour beaucoup d’anglais, le foot est une sorte de religion où l’on les voit réunis dans des pubs autour d’une bière. Cantona arrive comme un véritable sauveur. Et c’est justement l’essentiel du film.
Il y aussi Steve Evets, un héros un peu à la dérive de sa vie personnelle, ne sait plus comment faire pour reprendre confiance en soi, regagner l’estime de soi-même et de sa famille. Il se pose ainsi beaucoup de question face au poster d’Eric Cantona dans sa chambre : « Comment il ferai pour vivre sa vie sans Eric Cantona ? Comment il aborderai la situation ? Quel serait les conseils qu’il lui donnerait ? »
Au final, le dernier film de Ken Loach est très agréable à regarder, surtout à la fin où celle-ci rime dans un second degré très drôle. Malgré son aspect de comédie, Loach signe une comédie très amère et légère sur des thèmes sociaux qui lui ont toujours été aussi proches. Des thèmes qui explorent le mal-être d’une certaine population anglaise. Tout comme Just a Kiss, il sait mettre en valeur les sentiments et la valeur humaine de ses comédiens, et cette fois-ci, tout repose sur un Cantona fabuleux ! La fin est magique, cette famille enfin réunie le jour de la remise des diplômes de la fille d’Eric Bishop. Même le couple Eric Bishop et Lily dégage une énergie débordante.
Ken Loach a toujours su toucher les gens, il faut simplement un peu de temps de digérer ses films pour voir que derrière se cache une analyse très subtile de la société anglaise (Just a Kiss, Looking for Eric…).
Voir la bande-annonce du film et l’interview de Ken Loach et d’Eric Cantona










