Arrietty le petit monde des chapardeurs, critique

Pour me changer un peu les idées en ce moment, je suis allé voir hier soir le dernier film d’animation, Arrietty, le petit monde des Chapardeurs des studios Ghibli, dont la réalisation est donnée à Hiromasa Yonebayashi. N’étant pas un adepte de l’univers des mangas, ce film d’une heure et vingt minutes se définit ainsi par la beauté de ses images, la douceur de sa musique et de sa singularité où Arrietty, jeune femme, découvre le monde des humains autour d’un univers fantaisiste et d’une philosophie intéressante ; et dont celle-ci pouvant apporter à l’être humain une synergie bien plus forte qu’il puisse se l’imaginer.

Ensuite, l’histoire reprend une vieille histoire où nos maisons étaient (encore) habitées par de minuscules personnes qui chapardent pour survivre… Avec une fréquentation record de plus de 7,5 millions de spectateurs lors de la sortie japonaise, le monde des chapardeurs revient avec Arrietty et se dote d’une adaptation en image réelle après celle qu’avait connu le Petit Monde des Borrowers, de Peter Hewitt, en 1997. Le casting n’est pas imposant, mais les rôles sont réalistes (et surprenants)…

Après sa collaboration sur Le Château ambulant et Ponyo sur la falaise, Hiromasa Yonebayashi signe son grand retour et choisit une jolie princesse réduite à quelques centimètres pour incarner le rôle principal de son nouveau film d’animation satirique sur le monde des humains. Dans cette histoire originale, portée par des couleurs fantaisistes, j’ai été touché par cet univers décalé que le réalisateur avait utilisé lors de ses précédentes collaborations. Il partage le même goût des petites choses anodines et leur donne une certaine importance via une bonne mécanique bien huilée et une représentation de décors somptueux.

L’originalité est indéniable où ces petits lutins tentent de vivre, s’exprimer et lutter contre la méchanceté des humains. Le style se démarque également par une mise en scène facétieuse et des personnages jouant avec justesse et émotion leur rôle respectif. Avant d’aller plus loin, j’aimerai revenir à un autre élément important d’Arrietty, et dont l’âme du film se définit par une rencontre hors-du-commun qui lui apporte un véritable sens de vie… Magique !

Dans la banlieue de Tokyo, sous le plancher d’une vieille maison perdue au coeur d’un immense jardin, la minuscule Arrietty vit en secret avec sa famille. Ce sont des Chapardeurs. Arrietty connaît les règles : on n’emprunte que ce dont on a besoin, en tellement petite quantité que les habitants de la maison ne s’en aperçoivent pas. Plus important encore, on se méfie du chat, des rats, et interdiction absolue d’être vus par les humains sous peine d’être obligés de déménager et de perdre cet univers miniature fascinant fait d’objets détournés.

Arrietty sait tout cela. Pourtant, lorsqu’un jeune garçon, Sho, arrive à la maison pour se reposer avant une grave opération, elle sent que tout sera différent. Entre la jeune fille et celui qu’elle voit comme un géant, commence une aventure et une amitié que personne ne pourra oublier…

Hiromasa Yonebayashi signe donc une animation débordante de vitalité et satirique, grandie par des chapardeurs d’une telle ingéniosité qu’ils nous surprennent à chaque situation où ils affrontent la « dangerosité » du monde humain qui leur a causé quelques maux (par exemple : la dévastation de la « nature »). La vengeance des petits contre les grands, peut paraître absurde, les moyens pour y parvenir sont authentiques : « l’excursion pour aller chercher du sucre dans la cuisine devrait impressionner ! ». Du haut de leur petite taille, il déborde d’imagination incroyable !

Les dialogues, les décors champêtres et situations ne manquent pas d’extravagance et de charme, tout comme les personnages qui y déambulent… Nous pourrons nous attacher facilement à Arrietty et Sho qui, allongés dans l’herbe, se voient pour la première fois. Les parents de cette dernière (fée du logie – femme au foyer, nous sommes dans un roman des années 1950) sont fortement attachants tandis que la grand-mère acariâtre symbolise un brin de folie et de désuétude au regard de ce message philosophique et écologique, insufflé par le film des studios Ghibli.

L’ensemble du casting est bon, Arrietty entraîne avec elle ses autres partenaires, l’enfant malade, Sho, ses parents, les humains, la grand-mère dans des sphères où personne ne s’attend à rire, attrister, émouvoir. C’est ainsi que Hiromasa Yonebayashi tire son épingle du jeu, où lorsqu’il les met en scène : entre fantaisie, poésie, nostalgie et drôlerie, nous pouvons sourire devant cette personne âgée bougonne voulant se débarrasser de ces chapardeurs, verser des larmes lorsqu’Arrietty et Sho s’éprennent, s’entraident l’un de l’autre et nous apaiser par la nostalgie et la douceur de la musique composée par Cécile Corbel, une harpiste et chanteuse de Bretagne. Nous apprécions aussi la scène finale, l’obligation de s’installer ailleurs, près de la mer dans un objet ridicule et insolite que seul vient refléter la génialité des personnages attachants, burlesques et émouvants et une réalisation impeccable placée sur un ton décalé.

En somme, Hiromasa Yonebayash et les studios Ghibbli ne cessent d’être innovants et d’affiner leur oeuvre avec une précision et singularité qu’ils ne peuvent s’empêcher de valoriser le monde des petits chapardeurs dans une mise en scène drôle et efficace. Le charme d’un film, la beauté des décors, la mélancolie qui s’y dégage et un florilège de personnages hauts en couleurs rendent le spectacle divertissant par un univers coloré et une Arrietty encore plus humaine…

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