Balada Triste, critique

A la croisée des styles de Tim Burton, Pedro Almodóvar, Guillermo Del Toro, Guillem Morales, Alex de la Iglesia est de retour au cinéma avec Balada Triste. Il nous propose un conte poétique et tragique, mêlant histoire d’amour passionnée, univers peinturé de cirque et drame de la guerre civile espagnole.

Espagne, 1937. Dans l’enceinte d’un cirque ambulant, les singes crient sauvagement dans leur cage. A l’extérieur, les hommes s’entretuent sur la piste d’un tout autre cirque : la guerre civile espagnole. Contraint à rejoindre l’armée républicaine, le clown Auguste se retrouve dans son costume de scène, au milieu d’une bataille sanguinaire qu’il déclenche à coup de machette. Quelques années plus tard, sous le régime Franquiste, Javier, le fils du clown milicien, se trouve un travail dans un cirque. Il y rencontre un nombre inimaginable de personnages marginaux : l’homme canon, le dompteur d’éléphants, un couple en crise, les dresseurs de chiens. De ces personnages marginaux se dégagent une relation avec un autre clown irascible, Sergio. Dès lors, leur confrontation brutale est sans limite pour l’amour d’une acrobate, la plus belle et fatale femme du cirque : Natalie. Comment vont t’ils conjuguer l’amour et la passion dans un pays où le traumatisme d’une guerre est présent ?

Alex de la Iglesia nous propose un film qui dérange mais nous “scotche” efficacement par la beauté des images et la névrose de l’histoire où deux clowns s’affrontent. A travers son drame, il confronte les points de vue de cette acrobate et le duel de ces deux hommes, rongés par la haine et le désespoir. Le conflit est saisissant, le réalisateur espagnol s’appuie sur la guerre civile espagnole et un mélange de genre surprenant pour construire un récit tragique. La violence est ici l’atout maître du film pour exprimer les sentiments d’une époque, marquée par le régime de Franco.

En suivant ces deux clowns (Carlos Areces, Antonio de la Torre) socialement différents, s’affronter, s’entretuer dans un cirque, on ne peut que voir le déclin mortel de cette jeune acrobate (Carolina Bang) qui partage une idylle entre amour et raison.

Un récit, des personnages dérangeants, une histoire d’amour passionnelle sur fond d’Histoire sont pour Balada Triste un excellent moyen de mélanger tous les genres cinématographiques espagnols, américains et de secouer la musique française des 80′s. De Pedro Almodóvar, Guillermo Del Toro, (L’orphelinat, Le Labyrinthe de Pan, L’échine du diable), Guillem Morales (Les Yeux de Julia), en passant par Tim Burton et Francis Cabrel, Alex de la Iglesia emmène les spectateurs dans la plus grande folie d’une œuvre étrange à l’humour décapant qui percute les neurones. Le réalisateur espagnol nous recommande vivement d’attacher nos ceintures pour plus de sécurité (émotionnelle) !

Le genre espagnol coincé entre le drame, la romance, le fantastique, se distingue des autres styles européens par la puissance et l’enchevêtrement de ses mises en scène. Ils sont capables de tourmenter les gens dans un univers particulier où le cinéma et la réalité (historique) ne font qu’un ! Un genre unique pour un résultat efficace.

Distributeur : SND Films.

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