Daniel Prévost retrouve sa jeunesse dans un formidable conte Les Petits ruisseaux
Fête du cinéma du 26 juin au 2 juillet
La quête dans une voiture ridicule d’un septuagénaire à la recherche de compagnie pour chercher le grand amour. Derrière ce pitch, un point de départ extrêmement simple, Pascal Rabaté, le réalisateur offre un rôle magnifique au simplet Daniel Prévost qui avait joué dans le Diner de Cons au côté du très regretté Jacques Villeret et Thierry Lhermitte.
Encore une fois, Daniel Prévost nous amène le rire et la joie dans un film qui fait le portrait de la génération des personnes âgées, à commencer par la dépendance. Drôle, imaginatif et cru, Les Petits Ruisseaux commence comme un comédie sociale, humaine pour mieux nous entrainer vers des chemins poétiques…
C’est ainsi de ce que l’on pouvait en dire samedi après-midi, il y avait de quoi faire sourire nos zygomatiques. Qu’est-ce que nous avons bien pu rire avec deux amis ? Nous étions assis, le film commençait à peine et déjà quelques éclats de rire devant quelques scènes irrésistibles…
Le film est léger, nostalgique et nous montre un Daniel Prévost surprenant dans l’interprétation de ses mots. Il impose aussi par son jeu d’acteur crédule dans la peau d’un personnage septuagénaire et veuf qui connait une retraite sans heurts, faite de rituels et de loisirs paisibles. L’instant n’existe pas vraiment, la vie coule comme la Loire où il pèche régulièrement avec un autre retraité (Philippe Nahon). Mais un jour, ce dernier, après lui avoir révélé qu’il avait une vie amoureuse et sexuelle cachée, meurt. Daniel Prévost, pour ne pas sombrer, tente de se secouer pour retrouver goût aux choses. Lui viennent des envies oubliées d’adolescent, des envies d’étreintes, des envies d’aimer, mais aussi des envies d’en finir…
Là, le film commence enfin, Daniel Prévost décide de partir dans une virée qui l’emmènera (très) loin. Il rêve d’autres choses, de nouvelles envies, de nouvelles expériences et de rencontres afin de lui redonner la joie de vivre. Des rencontres, c’est bien surtout lorsqu’il croisera cette bande de jeune complètement paumée dans une maison de campagne isolée sans eau ni électricité qui lui rappelle des souvenirs… C’est le bonheur assuré, ce n’est plus une comédie mais une fable sociale qui se met en place. Quelques scènes amusantes (et croustillantes) vont alors défiler dans sa tête et lui permettre de retrouver sa jeunesse et le goût du bonheur, du sexe et de lui-même…
De l’imagination, de la simplicité et de l’humour.
Nous nous sommes encore plus amusés lorsqu’il accroche des tableaux de portraits nus (avec une particularité) ou lorsqu’il utilise les essuie-glaces de sa voiture ridicule. Il est encore plus hilarant lorsqu’il se met à fumer « des joints » et se retrouve dans un « plumard » avec cette bande de jeune de « ouf » complètement dénudée. Énorme, tellement énorme, et surtout ne laissez pas passer le temps et courrez vite le voir pour rire de tout avec une vision réelle et un témoignage poétique d’une population curieuse, active, beaucoup plus que nous pouvions l’imaginer.
Le film se veut aussi pathétique et particulièrement juste dans la justesse et gravité des mots car malheureusement il n’est jamais évident de parler de la solitude des personnes âgées. Rien n’est simple mais Daniel Prévost apporte sa candeur, nous étonne, nous surprend à chaque instant avec des dialogues vrais, magiques, percutants et nous redonne un petit sourire.
Toute une époque, le film s’avère très caricatural, il aborde des sujets légers, drôles et graves avec une réalisation nuancée sur la vie d’un septuagénaire et de cette jeune génération (encore bien jeune). Tout est dans leur regard où nous voyons passer tellement de choses différentes. A eux tous, quelques histoires et de rencontres uniques vont se succéder, comme celle de la scène des de la pêche, des portraits nus, du « joint », de l’accident de voiture et de la caravane où Daniel Prévost redécouvre plein de bonnes choses…
Les motivations de Pascal Rabatté sont belles, il déploie un ton particulièrement cru, candide parce que tout se situe dans le regard de ces protagonistes à vouloir emmener ce film sensiblement poétique très loin dans la justesse des mots.
Et, pour y arriver, il remercie Daniel Prévost dans un rôle tourmenté qui voit rédecouvre les joies de la vie. Il est pathétique sur son lit d’hôpital lorsqu’il croise Hélène Vincent, image sublimée de l’amour. M’enfin, grâce à la réflexion de son meilleur ami (Philippe Nahon) et de ces marginaux, il va comprendre très vite que la vie mérite le coup d’être vécu à son maximum et ce sera pour lui une façon d’avancer vers autre chose. En se libérant du connu… Comme dans le film Mammuth, Les Petits Ruisseaux est profondément humain et bouleversant !
Appréciez la saveur du film.




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