Drive, le film évènement, la critique

Pour faire suite à mon escale cinématographique d’hier soir, le ton est donné par Nicolas Winding Refn dans une belle virée nocturne d’une densité émotionnelle rare et d’une violente beauté visuelle qui reflète les aventures trépidantes d’un jeune homme.

Un jeune homme, The Driver, mène des bolides le jour pour le cinéma et travaille la nuit pour des truands. Très professionnel, ne parlant peu, il possède toutefois sa propre ligne de conduite. Il ne prend pas parti des crimes de ses employeurs et se contente de faire des courses-poursuites pour échapper efficacement à la police. Il est bien meilleur au volant qu’à la discussion. Shannon, le manager qui lui décroche ses contrats, propose à Bernie Rose, un malfrat notoire, d’investir dans un véhicule pour affronter les circuits de stock-car professionnels. Ce dernier impose son associé, Nino, dans le projet. C’est alors que The Driver croise la route d’Irène de son jeune fils. Pour la première fois de sa vie, il n’est plus seul, et sa relation l’entraîne dans les pas de Standard Guzman, le mari d’Irène sorti fraîchement de prison. Par amour ou par contrainte, The Driver décide de lui venir en aide pour s’acquitter d’une dette dans un braquage. Comment peut-il trouver une solution pour sauver l’honneur d’un homme et l’amour d’une femme ?

Adapté du roman de James Sallis, Hossein Amini, le réalisateur ouvre son film sur une réalisation spectaculaire d’une très grande virtuosité autour du personnage principal, The Driver dans un rôle surprenant ; celui-ci est un personnage calme, solitaire, taciturne pouvant faire preuve d’une violence inouïe, inattendue face aux lumières de Los Angeles à bord de son bolide. Il pratique la cascade pour le cinéma et la mécanique dans un petit garage. La nuit, il donne des coups de main à des voyous pour braquer des banques. Son éthique :« Je vous attends cinq minutes devant la porte. Le temps passé, je passe mon chemin ».

Le titre Drive est bien trouvé. Il fait un avec le volant. Les mots semblent être un travail gigantesque qu’il ne semble pas bavard. Il préfère privilégier un discours intrinsèque parce que le moteur tourne encore plus vite dans sa tête que les chevaux sous le capot d’une cylindrée. Un argument suffisant pour nous tenir en haleine !

Puis, il tombe sous le charme d’une voisine (jouée par la timide Carey Mulligan) qui vit seul son jeune garçon. Son mari sorti de prison, est contraint de payer une dette à ses anciens employeurs. The Driver lui vient en aide pour veiller sur sa femme et son fils. Mais l’affaire semble compromise, l’argent de la mafia se trouve dans le coffre de sa voiture et cette organisation est sans pitié pour récupérer son gain. The Driver démontre une certaine agilité et maniabilité déconcertante à trouver ses mots de grammaire face à des ennemis redoutables, il casse les dents à un premier individu armé dans un ascenseur et finit par écraser la main d’un autre individu à coup de marteau.

Nicolas Winding Refn met en scène un thriller efficace d’une densité émotionnelle rare et d’une violente beauté visuelle sur des questions de loyauté, d’honneur. La réalisation est nerveuse et la mise en scène est grandiose pour dissimuler une détermination et un sang-froid incroyable d’un héros dans des situations extrêmes. Il transcende le film avec charisme et nous balade tranquillement dans un Los Angeles lumineux, dont une bande-originale envoûtante vient orner.

Nicolas Winding Refn réalise Drive, un film réussi et surprenant qui nous tient en haleine jusqu’au générique final. Drive est également le film événement de cette fin d’année 2011 avec une BO qui perdure les esprits même après avoir quitté la salle. Une façon de le revoir.
Son prix de la mise en scène remporté à Cannes, est mérité !

Distributeur : Le Pacte, Wild Side.

1 réponse

  1. La claque de l’année :)

Trackbacks/Pingbacks

  1. philippe - Drive, le film évènement, la critique (http://t.co/ANup4uDq)
  2. Cinematon - Drive, le film évènement, la critique (http://t.co/ANup4uDq)
  3. philippe - Bonne critique !! RT @cinematon: Drive, le film évènement, la critique (http://t.co/Z54q892F)
  4. Jérémy FERNANDES - Drive, le film évènement, la critique (http://t.co/ANup4uDq)
  5. Cinematon - Drive, le film évènement, la critique (http://t.co/ANup4uDq)

Lâche ta prose

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

  • RSS
  • Newsletter
  • Facebook
  • Google+
  • Twitter