Gérard Depardieu dans un film énorme intitulé Mammuth de Kervern et Delépine !
La quête en grosse cylindrée d’un nouveau senior à la recherche de bulletins de salaires manquants pour compléter sa retraite. Derrière ce pitch, un point de départ extrêmement simple, Benoît Delépine et Gustave Kervern, les deux réalisateurs grolandais offrent un superbe rôle au colosse de Gérard Depardieu.
Pour leur quatrième film (Aaltra, Avida, Louise Michel et Mammuth), ils continuent à faire le portrait de la France encore plus basse que celle d’en bas. Drôle, imaginatif et cru, Mammuth commence comme un comédie sociale pour mieux nous entrainer vers des chemins poétiques…
C’est ainsi de ce que l’on pouvait en dire à la veille d’un week-end, il y avait de quoi nous redonner le sourire. Qu’est-ce que nous avons bien pu rire avec des ami(e)s ? Nous étions dans le fond de la salle, le film commençait et déjà nous nous sommes tous éclatés de rire devant quelques scènes irrésistibles…
Le film ne nous a pas déçu, il est à la fois léger, drôle, nostalgique et nous montre un Gérard Depardieu surprenant dans l’interprétation de ses mots et apparitions avec sa vieille moto, la Munch Mammuth qu’il exhume de son garage personnel, d’où le titre du film. Il impose aussi par sa carrure et son jeu d’acteur ébouriffant dans la peau d’un personnage grossier qui fait penser à son père (comme il le disait si bien dans l’entretien avec Première). Il reflète ainsi toute la vie de son père dans laquelle il part à la quête de papiers administratifs importants… Une image pathétique bouleversante !
Le jour où la retraite a sonné, les premiers jours de Serge Pilardosse sont terribles, l’ennui, la nostalgie du temps qui passe mais aussi l’homme blasé et paumé qui profite du seul cadeau de son employeur, un puzzle ! Comme le dit si bien Catherine, sa femme (Yolande Moreau), ils se sont (encore) moqués de toi, mon pauvre Serge… Après plusieurs années de cotisations, le patron aurait pu faire un cadeau plus honorable parce que là, ça fait plutôt radin. Mais, bon, n’empêche, la réalité est là, tout le monde s’en fout éperdument, à commencer par ses collègues qui se sont goinfrés d’apéritifs lorsque le patron lui a annoncé sa retraite. Quelle sympathie ironique ! Peu importe, Serge Pilardosse peut enfin profiter de la retraite…
A cet instant-là, nous avons pu assister à des scènes irrésistibles où lorsque Gérard Depardieu, paumé, vient faire ses courses au Super U (sa femme y travaille). C’était son premier jour de retraite, il va déclencher une série de situations rocambolesques avec l’histoire du caddie coincé entre deux voitures et la colère du boucher mal rasé (Gustave Kervern)… Mais encore lorsqu’il rentre chez lui, il occupe son temps en réparant une poignée de porte, et malheureusement, il reste enfermé dans les toilettes… Enorme
Et, puis le jour suivant, c’est la désillusion totale : il lui manque des points, certains employeurs avaient oublié de le déclarer ! Poussé par Catherine, sa femme, il enfourche sa vieille moto des années 70 et part à la recherche de ses bulletins de salaires pour justifier sa retraite. Durant son périple, il retrouve son passé et sa quête de documents administratifs devient bientôt accessoire…
Et c’est là que le film se veut pathétique et particulièrement juste dans la justesse et gravité des mots car malheureusement il n’y a rien de simple, soit les entreprises n’existent plus, soit elles ont été rachetés et renommés ou soit les patrons ont des mémoires déficientes. Sa quête tourne alors au cauchemar, aucune attestation ne pouvant être faite pour la raison suivante : à l’époque des années 1970, certains employeurs ne déclaraient pas tous leurs employés.
Toute une époque, le film s’avère très caricatural, il aborde des sujets légers, drôles et graves avec une réalisation nuancée sur la vie de Gérard Depardieu (ou celle de son père) et de ses quelques retrouvailles, dont sa nièce (Miss Ming), absolument méconnaissable, allumée et paumée. Tout se situe dans leur regard où nous voyons passer tellement de choses différentes. A eux deux, quelques histoires et rencontres uniques vont se succéder, comme celle avec Anna Mouglalis (la fausse handicapée), Bouli Lanners (le recruteur) et Benoît Poelvoorde (le concurrent de la plage)…
Les motivations de Benoit Delépine et Gustave Kervern sont belles, il déploie un ton particulièrement acerbe et cru parce que tout se situe dans le regard de ces protagonistes à vouloir emmener ce film sensiblement poétique très loin dans la justesse des mots.
Et, pour y arriver, ils remercient l’imposant Gérard Depardieu dans son rôle tourmenté et paumé qui voit sa retraite partir en éclat. Il est terriblement pathétique où lorsqu’il croise Isabelle Adjani, image sublimée et disparue de l’amour et sa nièce aussi paumée que lui à se morfondre dans sa petite existence minable. N’empêche, grâce à son interprétation et à celle des deux femmes, il va comprendre très vite que la vie ne sera plus pareil et ce sera pour lui une façon d’avancer vers autre chose. En se libérant du connu… Profondément humain et bouleversant !
http://www.dailymotion.com/video/xcnom9
« Début du générique de fin, mention spéciale à Guillaume Depardieu »
NDR : Si vous décidez de le voir, n’ayez pas peur de rire de tout entre légèreté et gravité parce qu’il correspond à l’humour des deux auteurs de l’émission Groland Magazine sur Canal Plus. Il se peut aussi que vous puissiez juger quelques scènes crues (c’est normal)
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nous venons de voir le film quesque vous avez dans les yeux vrement stupide ocune morale ocune histoire il n’y a pas de vie dans se film nous ne voyons meme pas le sens sens de sortir un tel film pas de debut ni de fin je suis choqué
@ Pierrot89:
Tout comme le film, l’image est archaïque. C’est pourquoi les deux réalisateurs Gustave Kervern et Benoit Delépine ont réalisé leur film avec une caméra 8 mm pour faire ressortir la beauté de l’image et y saisir ses nuances. Ils avaient envie d’autre chose que ce qu’il se faisait aujourd’hui au cinéma avec le numérique. Leur démarche n’est pas anodine, au contraire, ils ont réalisé un film vrai avec du noir et blanc en couleurs.
De plus, Fred Poulet a filmé en super 8 mm et nous dira tout dans le DVD…
En espérant avoir répondu à votre question, je vous souhaite une bonne lecture sur notre blog.
Merci et à bientôt !
D’accord avec l ‘analyse de ce film hélas trop réaliste !!!
Ma seule question: pourquoi avoir filmé avec une vieille caméra S8, mes premiers films amateur étaient un cran supérieur (qualité d’images bien sur)
Tu m’étonnes, ce film est drôle et cru dans quelques scènes irrésistibles. Gérard Depardieu est aussi étonnant dans son rôle qui retrace la vie de son père. Tout une époque, et puis il s’agit de l’un de ses films les plus personnels de sa longue carrière.
Moi il me tente pas trop ce film! Par contre, quand j’ai vu les gens sortir de la salle où il était diffusé, ils avaient l’air emballé, content