Gianni et les femmes, critique
A quoi pensent les hommes dans un pays où les femmes et la beauté sont les principales préoccupations du Président du Conseil ?
Bienvenue dans Gianni et les femmes, une comédie italienne qui évoque avec gravité et légèreté la vie de ces personnes âgées.
Gianni, la soixantaine éclatante, fait preuve d’un courage exceptionnel : il partage sa vie entre son épouse, une femme active débordée, sa fille adorée, le copain de sa fille qui squatte son appartement et sa vieille mère, noble déchue qui s’opiniâtre à vivre au-dessus de ses moyens.
Pendant ce temps, son ami Alfonso (sous le faux air de Jean Gabin) lui fait une remarque des plus délurées pour son âge, au milieu de toutes ces jeunes femmes et de tenues acidulées. Gianni s’oriente vers de nouvelles intuitions féminines : Gabrielle, l’insensible, désirée de longue date, Valeria, son premier amour, la jolie Cristina, aide à domicile de sa mère, et la multitude de femmes qui peuplent le monde… Un lien l’unit à toutes ces femmes et leur relation manque de volupté. Comment va t’il parvenir à trouver un nouveau sens à sa vie dans une ville qui l’attache ?
Dans le même acabit des traditionnelles comédies italiennes, Gianni Di Gregorio réalise une comédie enthousiasmante sur la vie d’un sexagénaire en pleine réflexion, tantôt sincère, tantôt grave. Au-delà de cette idée, le metteur en scène évoque de nombreux points de vue philosophiques ; les ouvrages littéraires ne manquent pas, ils évoquent le bien-être personnel et la solitude autour d’individus socialement différents. Gianni Di Gregorio fait renaître les sentiments d’Alain et Racine dans sa comédie,
le bonheur dépend de notre capacité à agir et les grandes villes peuvent être synonyme de solitude. Gianni l’illustre très bien, il retourne un personnage saupoudré de solitude, de souvenirs d’antan. Il apporte aussi un message clairvoyant sur la vie que l’individu mène pour trouver sa place dans une société esseulée, fragmentée entre influence et désir.
La famille, la solitude, le bonheur sont empruntés sans fausse note, la musique de Ratchev et Carratello et les dialogues rendent cette comédie italienne encore plus enthousiasmante et souriante. En observant les destins de Gianni et de son « gendre » (ou de ses femmes),
se croiser, se recroiser, et peut-être s’entrecroiser, on ne peut qu’avoir un gros coup de cœur à leur personnage qui transcrit bien toutes les émotions et la sincérité d’un film à travers la solitude et le rêve dans une ville charmante (Rome).
Après Tous les soleils de Philippe Claudel, Gianni Di Gregorio, réalisateur de son deuxième long-métrage après Le Déjeuner du 15 août, décide de recommencer l’expérience devant et derrière la caméra. Gianni et les femmes parle de la vie autour de relations humaines et de la difficulté à laquelle nous sommes confrontés dans la quête de l’amour. L’amour est-il un sentiment universel quelque soit l’(es) âge(s) ? Le film tente d’y répondre en se révélant sincère, poétique, teinté d’espoir. Que demander de plus ?!


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