Gran Torino, du grand Clint Eastwood

Sorti le 25 février dernier, ce dernier film de Clint Eastwood est un pur chef d’oeuvre. Bien que je suis souvent sceptique quand j’entends parler des films de Clint Eastwood, l’excellent Mystic River m’avait mis en confiance pour aller voir Gran Torino. Le réalisateur a d’ailleurs obtenu une palme d’or pour l’ensemble de son oeuvre, à l’âge de 78 ans. Avec 3,2 millions de spectateurs en France, il signe ainsi son plus grand succès dans notre pays.

Clint Eastwood

Clint Eastwood

Résumé Allociné :

Walt Kowalski est un ancien de la guerre de Corée, un homme inflexible, amer et pétri de préjugés surannés. Après des années de travail à la chaîne, il vit replié sur lui-même, occupant ses journées à bricoler, traînasser et siroter des bières. Avant de mourir, sa femme exprima le voeu qu’il aille à confesse, mais Walt n’a rien à avouer, ni personne à qui parler. Hormis sa chienne Daisy, il ne fait confiance qu’à son M-1, toujours propre, toujours prêt à l’usage…
Ses anciens voisins ont déménagé ou sont morts depuis longtemps. Son quartier est aujourd’hui peuplé d’immigrants asiatiques qu’il méprise, et Walt ressasse ses haines, innombrables – à l’encontre de ses voisins, des ados Hmong, latinos et afro-américains “qui croient faire la loi”, de ses propres enfants, devenus pour lui des étrangers. Walt tue le temps comme il peut, en attendant le grand départ, jusqu’au jour où un ado Hmong du quartier tente de lui voler sa précieuse Ford Gran Torino… Walt tient comme à la prunelle de ses yeux à cette voiture fétiche, aussi belle que le jour où il la vit sortir de la chaîne.
Lorsque le jeune et timide Thao tente de la lui voler sous la pression d’un gang, Walt fait face à la bande, et devient malgré lui le héros du quartier. Sue, la soeur aînée de Thao, insiste pour que ce dernier se rachète en travaillant pour Walt. Surmontant ses réticences, ce dernier confie au garçon des “travaux d’intérêt général” au profit du voisinage. C’est le début d’une amitié inattendue, qui changera le cours de leur vie.
Grâce à Thao et sa gentille famille, Walt va découvrir le vrai visage de ses voisins et comprendre ce qui le lie à ces exilés, contraints de fuir la violence… comme lui, qui croyait fermer la porte sur ses souvenirs aussi aisément qu’il enfermait au garage sa précieuse Gran Torino…

Walt Kawolski se lie d'amitié avec Thao

Walt Kawolski se lie d'amitié avec Thao

Gran Torino est le premier film américain à traiter des Hmong. Afin que leur portrait soit le plus fidèle possible, Clint Eastwood a fait passer le casting à des Hmong uniquement, ce qui représente très peu d’acteurs. Ils ont donc dû rechercher eux-mêmes des personnes pour jouer leurs rôles.

Ce film est vraiment une réussite. Clint Eastwood a certes un peu vieilli, mais il est excellent dans son rôle de vieux bougon xénophobe. Le film contient un enchaînement jouissif de répliques déjà cultes et drôles. Un humour noir à toute épreuve qui en fera rire plus d’un. Mais le film ne repose pas uniquement là-dessus. Le personnage de Walt Kowalski est très travaillé, très attachant. L’idée de base est peu originale mais ce que Clint Eastwood en a fait est extraordinaire. On reconnait bien ici un maître derrière et devant la caméra.

La première partie du film est culte pour ses dialogues et pour la présentation presque jubilatoire du personnage de Walt, solitaire, asocial mais avec une histoire, son passé de la guerre en Corée qui le hante. Américaniste, il ne supporte pas sa famille maladroite qui ne le comprend pas. La deuxième partie du film est tout aussi géniale, mais diffère dans le sens où ce personnage va commencer à apprécier ceux qu’il insultait gratuitement et se retrouver en eux, pour arriver à un dénouement génial et assez inattendu. Une fin touchante, vraiment très belle et surtout, bien filmée. Le film est touchant dans le sens où Clint Eastwood n’hésite pas à se moquer de lui-même et de ses précédents rôles qu’il semble critiquer, voire abhorrer. Et c’est là que ce monsieur fait fort, c’est qu’il se caricature lui-même en usant d’auto-ironie.

Clint Eastwood

Clint Eastwood

Pour résumer, ce film est une bonne tranche de rigolade et d’émotion, on passe du rire aux larmes, en passant par les frissons, le tout dans une ambiance exceptionnelle et une façon de filmer qui nous font accrocher à l’histoire pendant tout le film. Enfin, le film est également doté d’une bande-son remarquable, notamment la dernière musique du film, par Jamie Cullum et Clint Eastwood, “Gran Torino“.

En écoute avec Deezer » Gran Torino

www.deezer.com/track/2693380

Ce film vient tout juste de sortir en DVD et je vous le conseille donc fortement ! En voici la bande-annonce.

http://www.dailymotion.com/video/x8e1dq

2 réponses

  1. J’ai téléchargé le film (http://www.dvdfly.ch/movie_detail.asp?MOV_ID=25453&Gran+Torino&Clint+Eastwood) et j’ai été bluffé.
    Un Clint Eastwood enervé mais toujours humain…

  2. Très agréablement surprise par ce film que je n’imaginais pas du tout ainsi. Je m’étais fait une idée du film, comme Clint Eastwood à l’époque des Inspecteurs Harry où le flingue parle plus que la moral. La fin est inattendue, quoique… mais moi elle m’a surprise et ravie en même temps… Très bon film à revoir et ce vieux bonhomme a un sacré talent.

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