HH, Hitler à Hollywood, critique

HH, Hitler à Hollywood. Dois-t’on délaisser le cinéma européen pour s’amouracher des grosses productions Hollywoodiennes ? Frédéric Sojche réalise un documentaire historique qui mélange, dans un jeu de pistes, archives et images recomposées, vrais et faux entretiens et scènes d’action. Plus de 20 acteurs et cinéastes du cinéma européen participent à cette hyper fiction.

Aujourd’hui, l’actrice de Pulp Fiction, Maria De Medeiros, décide de rendre hommage à une actrice qu’elle admire, Micheline Presle, dont la carrière a commencé à la fin des années 30. En évoquant les cinéastes illustres qu’elle a connue, le documentaire tourné caméra à l’épaule, évoque un certain Luis Aramcheck, réalisateur avec lequel elle a travaillé en 1939 sur un film, et dont Maria se met à rechercher la trace.

Les souvenirs du film d’Aramcheck, disparu depuis la Seconde guerre mondiale, lance Maria sur les traces d’une œuvre inconnue, qui aurait pu changer l’Histoire du cinéma européen, HH, Hitler à Hollywood. De Paris à Venise, en passant par Berlin, Bruxelles, Cannes, Londres, Ostende et Malte, l’enquête fourmille d’éléments indispensables pour comprendre ce qu’est devenu le cinéma européen d’aujourd’hui. Cette quête donne à son récit une mise en scène inconfortable mais la manière perspicace comment Maria traite la question, permet d’élucider ce mystérieux titre. Ainsi, les archives permettent un retour en arrière dans une guerre où se tramaient des enjeux importants entre les acteurs de l’époque (Hitler, les politiques américains, français, les producteurs). Un accord, sous l’impulsion de Blum-Byrnes, a contribué au développement d’une culture de masse, perçue comme une propagande.

La phrase d’Aramcheck prend tout son sens. Le cinéma européen est le dandysme des ruines. Les productions européennes coûtent chères, mais les mises en scènes méticuleuses, choisies correspondent à un univers reflétant l’identité (culturelle) d’un peuple. Alors que le cinéma américain et les studios Hollywoodiens préfèrent « imposer » un style formaté. Dois-t’on miser sur la pérennité et qualité d’un cinéma européen ou la quantité du cinéma outre-atlantique ? Telle est l’orientation du film, HH, Hitler à Hollywood qui mélange différents points de vue. Entre ombre et lumière, le regard des deux actrices se pose avec transparence et humilité dans une « docu-fiction » où la fiction dépasse la réalité d’aujourd’hui.

Le film de Frédéric Sojche nous aide à mieux cerner la difficulté actuelle liée à l’exploitation des films européens aux États-Unis. Il s’appuie sur des documents historiques, y soulevant tous les enjeux économiques et politiques qu’avaient insufflés cette Seconde Guerre Mondiale. Le générique de fin défile alors, nous laissant un regard dubitatif, avec cette question incessante soulignant notre identité : Dois-t’on délaisser notre propre culture (cinématographique) au profit d’une autre ? Une question qui résonnera pendant encore un bon moment. Et c’est peut-être à cela que l’on apprécie les films européens…

Aucune réponse

Trackbacks/Pingbacks

  1. Cinematon - HH, Hitler à Hollywood, la critique ( http://bit.ly/koKHHM )

Lâche ta prose

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

  • RSS
  • Newsletter
  • Facebook
  • Google+
  • Twitter