Poupoupidou, critique

Qui y a t’il de mieux pour écrire sur Marilyn Monroe que d’aller voir Poupoupidou ? Quelle est le rapport dans le nouveau film de Gérald Hustache-Mathieu qui est sorti le 12 janvier dernier ? Tout simplement, lorsqu’un auteur parisien, auteur d’une myriade de polars à succès, David Rousseau décide de se mettre au vert dans ce « No Man’s Land », qu’est Mouthe, la ville la plus froide de France, son imagination fonctionne à plein régime et décide d’enquêter sur une star locale, persuadée qu’elle était, dans une autre vie, Marilyn Monroe… Et, pourquoi pas ? Il fallait bien oser le faire, se décider, manger un bon camembert devant la météo et revoir Jean-Paul Rouve pour aller visionner Poupoupidou. Arf, à m’entendre, on a l’impression d’une publicité de fromage dont le tournage se déroulait dans une ville similaire à Bergues. Oui, ne soyons pas méchant, mais la présence d’une belle blonde Sophie Quinton nous permet de passer un agréable moment. Maintenant, je vous parle d’un film français bien présenté autour d’une intrigue surprenante qui aura atteint clairement son leitmotiv : proposer une comédie classique avec une particularité intéressante et trompeuse, celle d’un polar sympathique même si quelques défauts dans le scénario se font sentir. Qu’importe, l’essentiel est de découvrir un magnifique paysage où Jean-Paul Rouve aime entendre ses pas dans la neige et Sophie Quinton est sublime en personnage de Marilyn Monroe.

Ensuite, l’enquête policière de la mort d’une jeune starlette blonde et de la visite d’un auteur de polar sont étudiées intelligemment. David Rousseau y est un peu paumé sur cette route qui le mène dans une ville où l’hiver est le plus terrible. Il préfère écouter les stations de radio, oubliant la lassitude et la nonchalance de Mouthe, jusqu’au moment où une nouvelle tombe. L’inspiration commence à régner dans son esprit. La mise en scène s’installe sur le thème de la comédie sans grande prétention et sa quête l’entraîne vers ce terrain enneigé dont le corps de Candice Lecoeur (Sophie Quinton) a été retrouvé. Le début d’une étrange relation, ambiguë s’ensuit entre cet auteur à succès et ce gendarme calme, tenace, Guillaume Gouix qui transforment vite cette comédie en polar français étonnant, là où personne s’y attend…

La comédie policière n’hésite pas à alterner malicieusement les moments drôles et les instants tragiques. Son zeste d’humour, cette ville perdue au milieu de nulle part, ces habitants curieux, policiers douteux et de situations cocasses, nous entraînent dans une aventure romantique singulière et envoûtante qu’elle donne un rôle très surprenant, original à Jean-Paul Rouve. Puis, il y a d’autres moments délicieux à savourer, le camembert, les pas de la neige, des jeux de lumière donnant un relief à un décor rétro mais fantastique, la jolie blonde qui passe sous nos yeux sans que l’on y puisse grand chose. Jean-Paul Rouve, alias David Rousseau est un sacré « petit » veinard, il s’éprend d’une morte où l’on déguste la scène de la morgue (ça n’arrive pas tous les jours) !

Et, pourtant, Gérald Hustache-Mathieu fait ressortir un autre message où la mise en scène nous laisse croire un suicide ou un meurtre bien trop facilement. A en juger aux premiers abords, on est presque obligé de croire à la facilité mais très vite les indices se révèlent pour mieux rappeler l’époque de Marilyn Monroe. Le chiffre 5 bien trop souvent présent, évoquant le numéro de la chambre de l’hôtel de David Rousseau et de celui de l’emplacement du corps de Candice Lecoeur, sans oublier la voiture 504 cabriolet, le scooter, le décor de l’hôtel, la station-service. La coïncidence est vraiment troublante et nous fait penser à un vécu personnel et environnement qu’avaient connu la star américaine et l’ancien président John-Fitzgerald Kennedy. Un parallèle peut être fait entre Candice et Marilyn et J-F.B. et J-F.K. Derrière cette comparaison, à l’instar de Marilyn, une jeune femme, mignonne, naïve, capricieuse qui cherche sa voie à travers l’image qu’elle donne au public, oubliant ainsi ce qu’elle est réellement. Elle n’est pas heureuse, seules les scènes du miroir et du « Happy Birthday » viennent traduire un profond malaise, marqué par une certaine réalité que nous pouvons supposer. Ces instants sont émotionnellement durs et beaux !

Côté casting, que l’on peut reprocher à Jean-Paul Rouve ? Rien, son interprétation est juste, drôle, son jeux de rôle avec le gendarme Guillaume Gouix y sont pour beaucoup. Ce dernier n’est pas sans reste, son ambition de partir au Canada et de se comparer aux enquêteurs américains nous fait sourire. Quant à Sophie Quinton, elle incarne Candice, une personnage élégante, candide, gentille, douce et fragile. Ici, et là, elle fait part de sensualité et sa mise à nue devant la caméra nous charme avec son style des années 60. Le réalisateur nous propose un magnifique portrait saupoudrée d’attention et parsemée de sensibilité et de tristesse.

Donc, voilà, cette comédie est une réelle surprise de ce début d’année et m’a donnée une grand faim de fromage et de météo. L’histoire est simple même si certains anachronismes se ressentent au fil de l’enquête. La mise en scène est originale, les dialogues sont rythmés entre humour et fantaisie pour apporter un décalage à l’intrigue policière menée par l’écrivain en panne d’inspiration et un casting étrange. L’étrangeté, oui, et plus encore, la similitude des personnages avec des faits authentiques, apporte une crédibilité et un sens au film et le termine par une note de dévotion extrêmement passionnante et passionnée.

En bref, Gérald Hustache-Mathieu résume son film sans prétention majeure comme une simple « comédie policière », emmenée par un casting sobre et efficace (dans les premiers et seconds rôles) et une intrigue décalée, légère, drôle, grave comme l’avait pu l’être la si belle et délicieuse Marylin Monroe. Un mélange des genres coincé entre la comédie, le polar et le romantique à découvrir dans les salles. Un délice !

NDR : Je tiens à remercier l’équipe de Cinefriends pour le film.

Aucune réponse

Trackbacks/Pingbacks

  1. Cinematon - Jean-Paul Rouve aime Marilyn Monroe dans Poupoupidou ! (http://bit.ly/dNfZgN) http://bit.ly/dNfZgN

Lâche ta prose

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

  • RSS
  • Newsletter
  • Facebook
  • Google+
  • Twitter