Just a Kiss de Ken Loach
Quelques années auparavant avant de réaliser Looking for Eric, le sociologue britannique, Ken Loach a signé une (très) belle partition mélangeant subtilement l’amour et la religion. Sortie dans les salles le 14 juillet 2004, Just a Kiss suit les aventures de Atta Yaqub (Casim Khan), émigré pakistanais, qui travaille comme DJ dans une discothèque de Glasgow et qui rêve de monter son propre club. Ses parents, Tariq et Sadia, musulmans pratiquants, ont décidé de le marier à sa cousine, Jamine, dont ils attendent l’arrivée en Ecosse. Leur projet semble bien compromis quand Casim s’éprend d’Eva Birthistle (Roisin Hanlon).
Jeune enseignante, Roisin est différente de toutes les filles que Casim a fréquentées jusqu’alors. Elle n’est pas seulement belle et intelligente, mais aussi volontaire, indépendante et catholique.

A l’époque de mes deux années d’étude passées à Laval, je suis allé voir le film au Cinéville, ce grand cinéma longeant la Mayenne de très près et je n’ai pas été déçu par l’oeuvre sublime de Ken Loach qui s’est tant amusé à raconter cette émouvante histoire d’amour, interprétée avec beaucoup de justesse et de pudeur par deux jeunes comédiens.
Il mélange donc (très) subtilement ses thèmes de prédilection (le sociable, l’humanité et la famille) pour les confronter à des problèmes religieux dans une histoire d’amour poignante. Cette dernière permet de ressentir le malaise de ces deux familles qui se déchirent physiquement parce qu’elles ne se comprennent pas. Ken Loach va leur donner la force d’aller au bout de leurs réflexions, elles s’apercevront très vite qu’elles perdront leurs enfants pour toujours. Ils nous fait remarquer aussi qu’il n’y a pas de problème de religion mais il y a juste des solutions pour les affronter… Faut-t’il encore s’en donner la force ?
Tout est expliqué dans le film, et tout commence le jour où ces deux jeunes gens se sont rencontrés pour s’aimer ? Qu’en sera t’il de leur amour et bonheur ? Et, bien Roisin et Casim sont deux jeunes qui s’aiment et filent le parfait amour. Mais un jour, la religion va vite les rattrapée ? Entre engueulade, incompréhension, réconciliation, il est (très) loin de comprendre cette histoire tant différente de part leur culture et religion mais finalement pas tant que cela sur le point humain.
Le film est parfaitement interprété par ces deux jeunes comédiens sans fausse note, il faut parfois manquer sérieusement de bienveillance pour n’envisager cette relation que sous l’angle de l’amour. Pourquoi se seraient-ils à ce point déchirés et pourquoi n’hésiterait t’elle pas à renier sa religion dans ce cas ? Ce film soulève plein de questions sensibles autour de l’amour et des religions. Les réponses sont simples, elles sont dans l’attitude de Casim et Roisin à vouloir changer pour plaire à leur proche, mais au final, leur bonheur est primordial et peu importe les conséquences. Ils s’aiment, c’est le principal et ne seront certainement pas un exemple pour leur religion mais pour l’humanité, ils le seront !
En le découvrant à plusieurs reprises, j’ai pu m’apercevoir que Ken Loach n’y ait pas allé de main morte, bien au contraire, il dénonce la société britannique pour mieux faire ressortir les défauts et les analyser. Ce film est excellent puisqu’il permet de confronter l’amour et la religion afin d’en repousser les limites et de cerner les problèmes conflictuels entre deux familles qui vivent (pourtant) dans la même société.
Bande-annonce :
http://www.dailymotion.com/videox9jwxu
Un vrai film générationnel tout simplement beau !






