La Dame de fer, critique

Surnom attribué par le journal soviétique L’Étoile rouge à Margaret Thatcher, La Dame de fer est une œuvre cinématographique qui retrace le parcours d’une femme inflexible à la tête du gouvernement Britannique entre les années 70 et 90.

Margaret Thatcher, première et unique femme Premier ministre du Royaume-Uni, autrefois capable de diriger le pays d’une main de fer, vit désormais tranquillement sa retraite imposée à Londres. Âgée de plus de 80 ans, elle est rattrapée par les souvenirs. De l’épicerie familiale à l’arrivée au 10 Downing Street, de succès en échecs politiques, de sacrifices consentis en trahisons subies, elle a exercé le pouvoir avec le soutien indéfectible de son mari aujourd’hui disparu, et a réussi à se faire respecter en abolissant les barrières liées à son sexe et  à son rang. Entre passé et présent, ce parcours intime est un nouveau combat pour cette femme aussi bien adulée que détestée.

Vingt-deux plus tard, Margaret Thatcher revient sur le devant de la scène grâce au film de Phyllida Lloyd La Dame de fer. Le film illustre le destin de cette femme qui prit le pouvoir britannique en 1979 et mena une politique étrangère marquée par l’opposition à l’URSS, la guerre des Malouines en 1982, la promotion d’une Europe libre-échangiste au sein de la Communauté économique européenne. Sa politique économique, fortement inspirée par les idées du libéralisme économique, fut marquée par d’importantes réformes (privatisations, diminution de la pression fiscale, affaiblissement des syndicats…). A travers ses engagements politiques, Lloyd évoque la lutte constante de cette femme déterminée pour une cause unique : la prospérité de son pays. Elle passe d’un statut de Premier ministre détesté à celui de « fiancée de la nation » sans jamais fléchir devant ses convictions chrétiennes méthodistes, conservatrices et libérales.

Margaret Thatcher a joué un rôle décisif dans l’histoire du Royaume-Uni et Meryl Streep l’incarne à la perfection. Dans ses souvenirs d’antan, sa famille est tenue à distance au profit de son ambition : son mari, toujours en pyjama, n’est qu’un élément subsidiaire. Son fils Mark n’est malheureusement présent que sur de vieilles cassettes de film et sa fille Carol fait de rares apparitions. Streep fait de Thatcher un personnage sénile et tragique. Elle est déterminée dans l’univers politique face à des individus qui la jugent hystérique. Et seule dans sa vie personnelle.

La mise en scène est soignée, les costumes et les décors sont bien restitués, mais la réflexion politique de Margaret Thatcher n’est que survolée au détriment des moments les plus marquants de son pays.

Sortie le 15 février.

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