Soul Kitchen, critique

Vous ne connaissez rien à la soul et encore moins à la cuisine ? Soul Kitchen, la nouvelle comédie franco-allemande sortie le 17 mars dernier, est faite pour vous. Récompensée à la Mostra de Venise en septembre 2009 par le prix du jury, la dernière réalisation de Fatih Akin est vraiment « soul-pratique ».

L’histoire ? Zinos (Adam Bousdoukos), jeune restaurateur à Hambourg, traverse une mauvaise passe, à l’image d’un disque de soul qui se serait pris pour un vinyle de pop. Son restaurant, le Soul Kitchen est boudé par ses clients habitués aux charmes de la nourriture grasse. Entre les poissons (huilement) panés, frites transgéniques et les délices concoctés par son chef, l’amour pour la cuisine n’a d’égal que le nombre de personnes ayant aimé faire l’amour sur des titres de Marvin Gaye (une préférence).

Ensuite, Nadine (Pheline Roggan), sa chérie blonde (couleur traditionnelle oblige) est partie vivre à Shanghai en Chine. Zinos décide de la rejoindre et confie son restaurant à son frère Illias (Moritz Bleibtreu), fraîchement libéré de prison. Ces deux décisions se révèlent désastreuses : Illias perd le restaurant au jeu contre un promoteur immobilier véreux, et Nadine a quelqu’un d’autre dans sa vie !

L’histoire a vraiment l’air ennuyeuse sur le papier. Or, si elle avait été traitée à la sauce française, option béchamelle, le film aurait eu un côté torture qui n’aurait pas déplu à Robespierre ! Allez, nous pouvons presque imaginer un casting de rêve : Jean Pierre Darroussin, Gérard Vives et Maïté (pour celle qui part en Chine). Trêve de plaisanteries, revenons à nos moutons.

N’ayant pas l’air comme ça, Soul Kitchen sort du lot grâce à la formidable interprétation des acteurs jouant chacun de leur rôle avec une justesse et un sens parfait de l’humour. Quant aux deux comédiens principaux très peu connus, Moritz Bleibtreu (La Bande à Baader d’Uli Edel) et Adam Bousdoukos (le nom fait un peu tousser) sont assez maladroits. Ils vivent et respirent face à la caméra, comme un solo rythmé à la Johnny “Guitar” Watson…

Le spectateur se laisse envoûter par la splendeur et la postmodernité d’Hambourg. Rayonnante, soit-elle avec ces quelques travellings langoureux sur le métro aérien longeant le lac d’Alster. Nous tombons ainsi amoureux de la ville, songeant le temps d’une scène où des petites frappes locales se retrouvent sur le parvis du Soul Kitchen, restaurant qui transpire la sensualité chaude et rare d’une caisse claire. À voir, et qui sait peut-être une envie de quitter Paris et s’amouracher pour cette ville allemande plus cosmopolite que jamais…

Merci beaucoup Tayar, vous m’avez donné l’envie soudaine de découvrir ce film qui, sous le thème gastronomique, nous montre de très belles vues d’Hambourg, dont l’une de mes cousines connait bien.

Critique envoyée par Tayar le 2 avril 2010.

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