Le Rite, critique

Qu’est-ce qu’il y a de mieux pour se faire peur un samedi soir avec Le Ritecomment Anthony Hopkins nous dévoile la face sombre de la foi ? Rien, ou presque, je me souviens fin février, la Warner m’appelait afin de m’envoyer un colis mystérieux. Quelques jours plus tard, samedi  soir, j’ai décidé d’arpenter mon cinéma et de vous proposer un nouveau rituel diabolique, basé sur des faits divers bien réelsMikael Håfström présente ici une énième histoire d’exorcisme dans laquelle un séminariste part à la quête de sa foi et y rencontre un prêtre exorciste d’un genre très particulier et des personnes possédées qui tournent des yeux et entendent des voix, dont la résonance symbolise l’esprit du malin ou de la schizophrénie. Qui sais-je ? Je ne suis pas assez croyant pour répondre à ce genre de question mais cette oeuvre se définirait plus (à mon sens) comme un thriller surnaturel et fantastique qu’un simple fait divers. Alors, le lendemain, le blog est passé du côté obscur de la force sans aucune crainte de découvrir un crapaud ou une grenouille sous son lit.

D’abord, je ne suis pas très adepte des films relayant des exorcistes. Je n’ai pas sursauté, chaque scène parait supportable même lorsqu’un futur séminariste, Michel Kovak voit son père, médecin légiste, découper des cadavres. L’histoire commence par une entrée morbibe que nous imaginons mal le jeune homme suivre les pas de son paternel. Il décide alors de s’engager dans la foi, évoquant un simple hasard d’une vie déplaisante. Puis, lorsqu’il fait une rencontre quelques heures avant un malheureux accident, s’ensuit une longue discussion sur sa réelle motivation d’être prêtre. Il parait sceptique, mais très vite, il comprend la réelle nature de son choix et assiste à contre-coeur à un programme au Vatican. Dès lors, les cours ne sont qu’effleurés et le conduisent à la recherche d’un prêtre énigmatique, le père Lucas vivant dans une maison glauque avec des chats et visant à mettre en application une théorie qui règne dans l’Église catholique, et dont seule la croyance permet d’y croire vraiment. Doit-t’on accepter l’existence du diable comme l’évoquait Jean-Paul II dans le générique de début ?

Pourtant, les exorcismes existent bel et bien dans notre époque, là où nos deux personnages tentent d’expulser par des procédés (lecture de la bible, présence de croix, d’encens, de bougies…) une entité spiritelle maléfique qui se serait emparée l’esprit d’une jeune femme enceinte et d’un jeune garçon roué de coups. Ces moments montrent bien la terrifiante mise en scène perçue comme une calamité par les possédés qui partent dans une incroyable folie démesurée mais relayée par une musique qui ne cesse de grimper jusqu’à son paroxysme. L’ambiance s’assombrit, les effets s’intensifient pour mieux faire perdre la tête à ce jeune séminariste accompagné d’une belle journaliste en quête de vérité, là où le père Lucas devient un autre homme… Et, si le choix de Michel Kovak n’était pas le fruit du hasard ? Et, si son âme était suffisamment pure pour croire en Dieu et combattre cette force obscure ? La réponse est en lui, le plongeant ainsi dans une quête mi-fantastique mi-surnaturelle où il découvre la face sombre de sa foi. Entre des christs qui se renversent, des colliers inouïs qui apparaissent, des clous qui percutent le gosier, des portes qui se renferment par l’opération du Saint-Esprit, rien n’est laissé par inadvertance et l’intrigue nous emmène dans les méandres des sortilèges maléfiques. Diaboliquement !

Côté casting, le maquillage est parfait et met en valeur tout le charisme de l’acteur Anthony Hopkins dans un personnage troublant et sombre. D’ailleurs, à l’instar du Silence des Agneaux, ce type de rôle lui colle parfaitement à la peau, insufflant une telle énergie qui nous envoûte facilement et ressortant magnifié par une prestation de grande classe. Le jeune Colin O’Donogue reste à l’écart jusqu’à ce que l’étau se resserre et délivre un final (classique) digne d’un bon thriller où les gentils n’existent que par la beauté de leur âme. Pour cela, le seul maillon faible de la chaîne, Alice Braga tente d’aider le séminariste sans résultat apparent. Alors que la possédée enceinte endure un rôle éprouvant dans « l’esprit type » de film d’horreur-épouvante.

En bref, Mikael Håfström définit son film comme un thriller surnaturel et fantastique. La mise en scène, la musique angoissante et l’interprétation des acteurs donnent un bon résultat à une intrigue aussi réelle qu’un simple fait divers. Elle y évoque d’autres choses, le phénomène de l’exorcisme dans l’Église catholique, le Vatican et ses programmes d’enseignements sont rappelés avec plus ou moins de précisions autour d’un Antony Hopkins que je n’avais pas revu depuis quelques temps déjà.

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  1. Cinematon - Le Rite où comment Anthony Hopkins nous montre la face sombre de la foi de l'Église catholi (http://bit.ly/igyFnN)

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