Les Femmes du 6e étage, critique
Difficile de traduire une œuvre cinématographique comme une excellente pièce de théâtre où Fabrice Luchini retrouve la joie de vivre et l’enthousiasme avec ces femmes du 6ème étage et Sandrine Kiberlain interprète une parfaite godiche qui ne sait plus quoi faire de ses dix doigts et de son temps libre. A eux deux, les yeux dans les yeux, ils ne sont que l’archétype d’un couple vétuste, ancré dans une certaine monotonie, une grande rigueur de la bourgeoisie, des décors et des habits désuets des années 60′s qu’insufflen
t si bien cette comédie française et ce présent tombé du ciel. Mais il y a des jours le cinéma sait nous rendre heureux et nous étonner par sa fraîcheur, son rythme et sa musique sympathique qu’on ne peut difficilement s’en lasser. Ce jour-là est arrivé qui, en l’espace d’une soirée, m’a séduit littéralement et m’a fait redécouvrir les manières de rouler des « r » avec ces drôles de femme, que seuls son réalisateur Philippe Le Guay et ses deux comédiens possèdent le secret d’un rire communicateur et des situations qui vous rappelleront des souvenirs immuables (Dalida).
Allez, on commence, on y retourne, on descend, on monte au 6e étage et on essaye de vous en dire davantage pour mieux vous séduire avec l’aide de ces grands moments d’éloquence dictés par les comédiens Fabrice Luchini et Sandrine Kiberlain.
Un geste noble est arrivé dans cette résidence vétuste, coincée par leur vie de couple et une concierge excédée d’entendre les bruits des voisines situées aux 6e étage, dont on n’aurait jamais remarqué qu’elles existent. Ah, tiens, bon, enchantez de faire votre connaissance, Jean-Louis Joubert à votre service. Le début d’une histoire anodine commence pour ce propriétaire, étouffée par sa femme et ses manières, aimerait bien profiter de la vie, retrouver les sourires de la vie. Dès lors, s’ensuit le choix d’une nouvelle femme de ménage, espagnole et nièce de l’une des femmes présentes au 6e étage, Maria (Natalia Verbeke), et les situations ne vont pas manquent pas de générosité où vont germer un bon nombre de péripéties et situations amusantes, égayant l’esprit de cet agent de change à l’allure sévère.
Fabrice Luchini y est déconcertant dans son image « de bon père de famille » et donne une leçon à cette bourgeoisie dans laquelle il s’est engouffré depuis des années avec sa famille, ses enfants et sa femme aussi rigide que lui-même. Et, si derrière cette éducation se cache une sensibilité au point de trouver un sens (réel) à sa vie ? Et, si
Jean-Louis et Maria se rencontrent pour mieux se retrouver et faire exploser les faux-semblants d’une famille trop bien élevée ? Là, c’est la magie efficace du film avec toutes ces manières qui ne font qu’entérinées ce désir de retrouver une joie de vivre, perdue dans une vie enlisée par l’argent facile. Ainsi, en quelques regards, sa fascination pour ces femmes du 6e étage, pousse cet homme esseulé à renaître et sa bonté devient omniprésente pour mieux connaître une véritable culture où s’entrecroisent quelques aficionados de flamenco et de corrida. Des instants magnifiques, ornés par le sourire et la confusion des sentiments où l’envie de s’amouracher peut être pris comme une incertitude.
A voir, oui, mais à suivre son réalisateur Philippe Le Gay, ce film théâtral est très enthousiasmant. Il donne « la pêche » au spectateur et dresse donc une vraie leçon d’éloquence sur la vie d’une famille et de sa rencontre atypique grâce à la générosité d’un acteur Fabrice Luchini toujours aussi habile avec les mots et les manières. J’aime sa façon d’envelopper ses idées et ses rôles despotiques et arrogants tout en possédant un charisme et une magnanimité incroyables pour y composer un personnage humain et sobre, loin de toutes ces spéculations insolentes que seule Sandrine Kiberlain, potiche, finit par gober. Mais, il est déjà trop tard…
Alors si vous ne voyez plus d’inconvénient, chers lecteurs, lectrices, laissez-vous, succomber au charme qu’entreprend cette comédie française qui vous fera apprécier la danse espagnole et le coté jovial de la vie. Un chouette portrait autour de ces femmes du 6e étage et de ces acteurs qui font mouches et nous emmènent dans une comédie théâtrale légère, drôle, originale mais rythmée par les nombreuses situations, y laissant une note aventureuse et songeuse.
NDR : « Et, hop, c’est à vous, n’attendez plus le 6e… ? »
En écoute avec Deezer » Itsi Bitsi Petit Bikini
www.deezer.com/track/8174305


Aucune réponse
Trackbacks/Pingbacks