Les films de Patrick Keiller : Coffret 2 DVD et un livret en vente à partir du 15 juin
Je tiens à vous présenter la prochaine sortie DVD du 15 juin : le Coffret Patrick Keiller. Il s’agit de 2 longs-métrages, « London » et « Robinson dans l’espace », de 5 courts-métrages et d’un livret couleur de 52 pages pour un prix de 30 € en magasin ou chez E.D. Distribution.
Je ne connaissais pas cet écrivain et auteur britannique jusqu’au jour où le distributeur français E.D. Distribution me l’a fait découvrir à travers ses deux films spéciaux, différents dans lesquels « il scrute le monde qui l’environne avec une rigueur éblouissante et dérangeante. Sa vision est hautement personnelle et affreusement juste. » (Harold Pinter).
Qu’y-a-t’il dans ce coffret si particulier ?
Deux DVD, deux longs-métrages, « London » (1994, 84 min.) et « Robinson dans l’espace » (1997, 82 min.).
LONDON « Robinson vit comme les gens vivaient, paraît-il, dans les villes d’Union soviétique. Il a un salaire modeste, mais il met presque tout de côté. Il n’est pas pauvre parce qu’il manque d’argent, mais parce que tout ce dont il a envie est impossible à obtenir. Il vit de ce qu’il gagne en un ou deux jours par semaine comme enseignant à l’Ecole d’Architecture et des Beaux-Arts de l’université de Barking. Comme beaucoup d’autodidactes, il a parfois des conceptions erronées, mais comme personne ne contrôle ce qu’il fait, il ne risque pas grand-chose. Sauf pour son travail, Robinson ne sort presque jamais de chez lui, si ce n’est pour aller au supermarché. Quand il se rendait chez des amis, à l’étranger, il se comportait tout autrement. Il adorait flâner et stupéfiait ses hôtes par sa vitalité et sa générosité, mais depuis des années, il ne bouge plus d’ici, et s’est attaqué à ce qu’il appelle le problème de Londres. »
Pince-sans-rire et polémique, le film est le récit du déclin de la capitale sous l’administration des Conservateurs jamais à court d’idées quand il s’agit de « contrer la volonté tenace des londoniens de jouir de la vie citadine. »
ROBINSON DANS L’ESPACE
« La véritable identité de Londres est dans son absence », conclut Robinson à la fin de sa première enquête. Ayant été licencié, il quitte la capitale. Il aurait aimé devenir espion, mais ne sachant pas trop à qui s’adresser il a accepté la proposition d’une agence de publicité renommée de faire une enquête sur le problème de l’Angleterre et son capitalisme de gentleman. Il devient ainsi un étudiant itinérant du paysage anglais, de son économie, de ses collèges, de la malbouffe, de la sexualité de ses habitants…
Paul et Robinson prennent conscience de réalités qui souvent les déroutent (« pour beaucoup la vie, même au coeur des pays industrialisés, consiste à attendre avec ses courses un bus qui ne vient jamais »), leur incompréhension grandit à mesure qu’ils s’enfoncent dans le pays (ils se retrouvent au milieu de nulle part alors qu’ils cherchent des traces de la fumerie d’opium fréquentée par Dorian Gray en suivant les indications du roman). Le paysage est plus agressif, les barbelés dressés sur les murs d’enceinte s’aiguisent. Distinguer une prison d’un supermarché devient plus difficile, l’atmosphère devient plus sado-masochiste…
Robinson finira par perdre la raison.
Deux voyages dans cette « Saloperie d’Angleterre, sous-éduquée, économiquement retardée, bizarre, un catalogue des misères humaines : traditions bidon, guerre d’Irlande, militarisme et manie du secret, vieux juges débiles, haine des intellectuels, mauvaise santé et malbouffe, sexualité refoulée, hypocrisie, racisme et indolence. C’est tellement exotique, du fait maison ! »
London se déroule en 1992. S’apercevant à la fin de sa première enquête que la « véritable identité de Londres est dans son absence », Robinson quitte la capitale, et après avoir étudié le problème de Londres, se penche dans Robinson dans l’espace sur le problème de l’Angleterre.
Voilà de ce qu’on pouvait dire du coffret « Patrick Keiller » en vente à partir du 15 juin !
Un grand merci à Marie !


Aucune réponse
Trackbacks/Pingbacks