Les trilogies – Chapitre 1 : Le Seigneur des Anneaux
Après avoir lu l’article de Guillaume à propos de Retour vers le Futur (que vous pouvez lire ici), j’ai jugé utile de parler sur ce blog des meilleures trilogies cinématographiques. Car nombreuses d’entre elles méritent qu’on en discute. A commencer par Le Seigneur des Anneaux. Cette trilogie signée Peter Jackson est la meilleure adaptation de roman qu’il m’ait été donnée de voir.

Frodon Saquet
Ce chef d’oeuvre de la littérature, écrit par le grand J. R. R. Tolkien au milieu des années 1950, est un magnifique pavé d’une telle consistance qu’il paraissait impossible d’en faire une adaptation fidèle. Et pourtant, jamais un cinéaste n’aura autant respecté les détails et l’ambiance d’un livre. Le projet a nécessité un budget de 300 millions de dollars et les trois films totalisent près de 11 heures de séance qui passent à une vitesse folle et de façon très captivante. Le pari est amplement gagné pour le réalisateur qui rêvait de porter sa vision du livre à l’écran depuis longtemps. Le projet a également le mérite d’être la toute première fois que trois films sont tournés de manière simultanée.
I – La Communauté de l’Anneau

Affiche
Ce premier film sorti en décembre 2001 fut un succès immédiat. Mais la beauté du film et sa quasi-perfection ne se sont pas faites sans mal. Le tournage de la trilogie, qui a nécessité plus de sept ans de travail, a été épuisant et certains acteurs ont même dû apprendre à parler l’elfique, une langue belle et pure, totalement inventée par Tolkien. Il est arrivé aux comédiens de tourner jusqu’à 16 heures par jour, mais ils ne semblent en garder que de bons souvenirs, qualifiant de “familiale et unique” l’ambiance et l’expérience de ce tournage. On peut voir quelques chiffres à propos du film (notamment en ce qui concerne le matériel utilisé) sur Allociné, à cette page. C’est très impressionnant.
Mais parlons du film en lui-même. Quand Peter Jackson fait quelque chose, on voit qu’il s’y met à fond ! Nonobstant quelques omissions par rapport au livre, qui sont minimes, le travail fourni est absolument énorme, presque inimaginable. D’une durée de 2h45 en version courte (ajoutez une demie-heure pour la version longue, oui rien que ça !), la Communauté de l’Anneau est à mon goût l’un des meilleurs films de toute l’histoire du cinéma, car il mêle le fantastique, l’action, l’aventure, l’humour, les paysages magnifiques de la Nouvelle-Zélande, un scénario simple (mais seulement à première vue) et des musiques éblouissantes.

Un Nazgul
L’histoire est simple. Sauron, le Seigneur des Ténèbres, a besoin d’un objet pour régner sur le monde et retrouver sa force d’antan : l’Anneau Unique qu’il a lui-même forgé. Il ne doit absolument pas être retrouvé par son maître et c’est Frodon Saquet, un timide hobbit, qui en hérite par un pur hasard. Il est alors chargé d’une mission périlleuse : détruire l’anneau en le jetant dans la lave de la Montagne du Destin, l’endroit où il a été créé. Il sera aidé par une Compagnie de 8 personnes de toutes origines, qui formeront ensemble la Communauté de l’Anneau. Ce premier volet situe l’histoire, nous fait découvrir les personnages principaux et retrace le début de l’aventure de la communauté, jusqu’à sa dislocation.
Sous ses allures un peu banales, le scénario est truffé de plein de détails qui en font un voyage exceptionnel et surtout captivant. L’univers du Seigneur des Anneaux est complexe, très grand. C’est un monde à part, plein de surprises et de situations inattendues qui ne peuvent pas nous laisser indifférent. Dans la Communauté de l’Anneau, même si l’histoire est centrée principalement sur les héros Frodon, Gandalf et le dénommé Grand-Pas, on nous présente un nombre affolant de personnages tous plus intéressants et importants les uns que les autres. Les personnages sont de toutes races, profonds et attachants.

Grand-Pas, joué par Viggo Mortensen
Le film nous fait ressentir toutes sortes d’émotions. Des nombreux passages font rire, notamment grace aux hobbits Merry et Pippin. L’humour est assez peu au rendez-vous mais suffisamment pour qu’on ne s’ennuie pas. Ensuite, le film comprend beaucoup de suspense dans les passages mettant en scène les cavaliers noirs, dits Nazguls, qui constituent des moments non seulement haletants et terrifiants, mais également d’une beauté absolue. Cette beauté qui nous fait frissonner est dûe aux couleurs sublimes du film, aux ralentis judicieux qui offrent un rendu magnifique, mais surtout grâce à la bande sonore, composée de musiques magistralement orchestrées. On ressent également de la magie et de la compassion pour les personnages lors de leur arrivée à la Lothlorien, une sublime demeure d’Elfes au milieu de la forêt. Enfin, on éprouvera une tristesse immense lors d’une certaine scène dans les mines de la Moria, un des repaires des Nains, encore dûe à une musique incroyable et à une justesse dans le jeu des interprètes.
Les acteurs, quant à eux, sont d’un talent époustouflant, sans exception. A commencer par Viggo Mortensen, qui joue le mystérieux et courageux Grand-Pas. Sir Ian McKellen est parfait dans le rôle de Gandalf, tandis qu’Elijah Wood nous offre sa meilleure performance d’acteur dans la peau d’un Frodon naïf mais attachant. Sean Astin, Dominic Monaghan, Ian Holm et Billy Boyd nous font rire dans leurs rôles de hobbits têtus et boute-en-train. Même Orlando Bloom se surpasse et joue de façon crédible, accompagné de John Rhys-Davies et Sean Bean. Christopher Lee est terrifiant dans la peau de Saroumane. On notera la présence de Hugo Weaving, l’agent Smith connu dans Matrix, et des deux magnifiques actrices Liv Tyler et Cate Blanchett, toutes deux éclatantes de beauté et de talent en elfes pures et sensibles.

Liv Tyler dans le rôle de l'elfe Arwen
Ensuite, on constate que les effets spéciaux spectaculaires sont parfaitement maîtrisés, les mouvements de caméra grandioses donnent de très belles scènes, qui nous laissent bouche bée. Il faut noter aussi un effort incroyable du côté des accessoires et des costumes, qui donnent au film une ambiance unique et très classe.
Pour finir, les musiques du film posent l’ambiance et sont extraordinaires. A commencer par May It Be (cliquez pour écouter sur Deezer), chantée par la talentueuse Enya, et qu’on entend à la fin du film lors du générique. L’ambiance imposée par cette mélodie est frissonnante quand on repense au film qu’on vient de voir. Le reste des musiques est composé par Howard Shore et ce sont des musiques majestueuses et poignantes. En voici un aperçu avec The Breaking of the Fellowship.
En écoute avec Deezer » The Breaking of the Fellowship
www.deezer.com/track/15250
Une musique calme et caractéristique du film qui ne manque pas de nous faire vibrer. On retiendra aussi les musiques comme A Knife in the Dark ou A Journey in the Dark, deux musiques très stressantes qui rythment le film. Je finirai par les trois plus belles musiques de l’album. Il y a tout d’abord Flight to the Ford, qui débute sur une mélodie triste et nostalgique, pleine de douceur. Ensuite, la musique dans laquelle on entend le thème de l’anneau, The Great River, qui est magnifique de 1:52 à la fin, frissonnante à souhaits. Pour finir, j’aborderai ce qui reste à mes yeux la meilleure musique de ce premier volet, à savoir un passage de The Bridge of Khazad-Dûm. La musique est abolument ahurissante de beauté et de tristesse de 4:37 à la fin. Cette voix sur fond de musique déprimante est touchante et retransmet parfaitement l’émotion qu’on a pu ressentir au moment du film où elle passe. Ajoutée au talent d’Elijah Wood et de Viggo Mortensen, elle peut même en faire pleurer certains.
Voilà tout pour ce premier opus du Seigneur des Anneaux, dont voici la bande-annonce officielle.
II – Les Deux Tours

Affiche
Même si le niveau de ce deuxième volet est légèrement en deçà de ceux des deux autres, il n’en reste pas moins un des meilleurs films produits au cinéma. Les Deux Tours, sorti en décembre 2002, est la suite inévitable de la Communauté de l’Anneau, un peu plus sombre mais aussi plus grandiose. Après la disparition de deux de ses membres, la communauté se sépare en trois groupes. Frodon et Sam, maintenant investis de leur mission, à savoir se rendre sur le territoire de l’ennemi pour détruire l’Anneau Unique, remarquent qu’ils sont suivis par Gollum, une étrange créature corrompue par l’Anneau. Merry et Pippin se font capturer par des Uruk-hai, des êtres malfaisants. Ils vont réussir à s’échapper pour trouver un allié inattendu : l’Ent Sylvebarbe. Quant à Aragorn, Gimli et Legolas, ils partent à leur recherche et font route vers le Rohan. On découvre des lieux inouis, majestueux, comme Minas Tirith ou le Gouffre de Helm, qui ont été portés à l’écran de façon incroyable.

Minas Tirith
Le film dure 3 heures (3h30 en version longue) et démarre sur une musique frissonnante qui nous replonge immédiatemment dans l’univers de la trilogie, à savoir Foundations of Stone, qui constitue ce que j’appelle la musique de l’Anneau. Le début de ce deuxième volet nous offre une scène sublime, qui est également surprenante. Ce film diffère du précédent car il nous montre de nombreuses batailles. Elles sont très présentes mais belles et brillamment filmées. Elles sont même parfois sujettes à des moments d’humour bienvenus entre l’elfe Legolas et le nain Gimli. Le seul inconvénient que je reprocherais au film est de ne pas mettre assez en valeur les personnages de Frodon, Sam et Gollum, qui sont les trois personnages les plus cruciaux de cette trilogie. Surtout qu’Andy Serkis est incroyable dans le rôle de Sméagol, vile créature qui n’en demeure pas moins touchante.
On assiste dans le film à la découverte de nouveaux personnages, plus secondaires mais tout aussi fascinants. On en apprend plus sur le territoire du Rohan, avec Eowyn, Théoden, Grima Langue-de-Serpent, ainsi que sur Faramir, le frère de Boromir.

Frodon et Sam traversent la Terre du Milieu
Les Deux Tours est également plus impressionnant en termes d’effets spéciaux. On peut le dire : on en prend plein la vue. A commencer par la bataille des Ents, la révolte de cette forêt et de ces personnages étranges contre une menace imminente. De plus, ces scènes sont tournées de telle façon qu’on en reste ébobi. Les mouvements de caméra sont maîtrisés, parfaits et entraînants. Mais ces effets spéciaux sont mineurs comparés au travail collossal qui a été fourni pour faire le film. Des centaines de figurants ont été nécessaires pour certains passages, pour créer des scènes de combat incroyablement réalistes. Aussi, des kilomètres de moquette ont été utilisés pour préserver les lieux de tournage et éviter de détériorer la nature.
Ensuite, le scénario est intéressant, l’histoire évolue rapidement et de manière passionnante. On ne s’ennuie pas et l’émotion est toujours au rendez-vous. On sort de ce film avec un sentiment de nostalgie et de tristesse étrange.

Viggo Mortensen dans le rôle d'Aragorn
Les acteurs sont quant à eux égaux à eux-mêmes. Aussi convaincants et touchants que dans la Communauté de l’Anneau, ils crèvent l’écran dans certaines scènes, notamment entre Elijah Wood (Frodon) et Sean Astin (Sam), où on sent une réelle alchimie. Miranda Otto est magnifique dans le rôle d’Eowyn, ainsi que Karl Urban (Eomer) et Brad Dourif (Grima). Mais le palme est reservée à Andy Serkis, qui a fait un boulot considérable dans le rôle de Gollum. Car derrière cette petite créature ne se cachent pas que des images de synthèse. Si le personnage est si réaliste et réussi, c’est principalement grâce à l’acteur, qu’on ne voit jamais à l’écran mais qui a produit un travail impressionnant. Il a d’abord tourné avec les autres acteurs dans un costume bleu/vert qui fut effacé au montage, puis dans un studio, couvert de capteurs de mouvement pour donner du réalisme aux déplacements et à la gestuelle. Ensuite, il a énormément travaillé pour numériser les expressions faciales de Gollum. Enfin, il est passé derrière le micro pour donner à son personnage la voix caractéristique qu’on lui connaît, mystérieuse et menaçante.

Le sournois Gollum
Pour finir, les musiques de cet opus sont à la hauteur des précédentes. Magnifiques, douces, stressantes ou tristes, ce sont grâce à elles qu’on apprécie le film et elles nous procurent de nombreuses sensations. Elles sont elles aussi signées Howard Shore pour notre plus grand bonheur. La plus belle mélodie de cet album reste à mon goût Evenstar.
En écoute avec Deezer » Evenstar
www.deezer.com/track/4147
D’une beauté renversante, cette musique retrace parfaitement l’esprit et l’ambiance du film. Vient ensuite une piste également incroyable et sublime, à savoir Gollum’s song.
On retient enfin deux musiques incroyables. Premièrement, Isengard Unleashed, qui est frissonnante à souhaits à partir de 2:20 et qui rappelle la sublime marche des Ents, une des scènes les plus magnifiques et vibrantes du film. A écouter et ré-écouter. Pour finir, voici une puissante et merveilleuse musique, Samwise the Brave. Elle nous transmet une émotion très intense à partir de 38 secondes, et je ne vois pas comment on peut y être insensible. Mais tout le score de ce film est à écouter, car il est subliment orchestré.
Voici la bande-annonce de ce deuxième opus du Seigneur des Anneaux.
III – Le Retour du Roi

Affiche
Pour finir, voici le dernier volet de cette saga désormais culte, le Retour du Roi. Sorti en décembre 2003, ce film est incontestablement le meilleur des trois. Il vous fera rire, sursauter, pleurer et frissonner. L’histoire est toujours de plus en plus sombre, où tout repose sur les épaules de Frodon et Sam, qui s’approchent de la Montagne du Destin. Gandalf, Aragorn et leurs alliés vont tout faire pour livrer bataille contre les innombrables armées de l’ennemi afin de détourner l’attention de Sauron, laissant une minime chance à Frodon d’accomplir sa quête.
Voici le film le plus spectaculaire de tous. Il est saisissant, impressionnant, grandiose et mythique. Sa durée hallucinante (3h20 au cinéma, et 4 heures en version longue), était tout simplement nécessaire pour nous montrer la dernière partie de cette incroyable épopée. Apparaît alors le personnage de Dénéthor, l’Intendant du Gondor, joué par John Noble. Un personnage exécrable, qui refuse de se battre et d’aider le Rohan contre l’ennemi, s’avouant vaincu par les forces sombres. Il ne se rendra compte de l’amour qu’il porte pour son fils Faramir qu’à la toute fin.

Frodon, rongé par l'Anneau de pouvoir
Ce film contient un nombre impressionnant de scènes émouvantes, notamment grâce à Viggo Mortensen (Aragorn), en meneur des troupes à la fin du film, où il court au ralenti seul face à l’armée gigantesque du Mordor. Cette scène est l’une des scènes les plus belles qu’il m’ait été donné de voir. Après 8 heures de film, ce passage est d’une intensité et d’une émotion très riches. Enfin, toutes les scènes avec Frodon et Sam, principalement pendant toute la dernière demie-heure du film, sont exceptionnelles et j’ai du mal à imaginer comment ces séquences auraient pu être mieux réalisées. L’ascension de la Montagne du Destin est tout simplement un moment d’anthologie.
Les effets spéciaux sont toujours au rendez-vous, on retiendra l’armée des morts-vivants ainsi que la bataille où les Spectres Ailés et les aigles se joignent à la guerre.
Le dénouement est sublime, simple, triste mais inévitable. Lorsqu’on ressort de ce film, on y repense pendant quelques jours, encore immergés dans l’ambiance et l’émotion qu’il nous a procuré. Imaginer tout ce qu’ont vécu les personnages et la façon dont ils doivent se sentir à la fin de cette épopée donne un effet incroyablement nostalgique.

Viggo Mortensen dans le rôle d'Aragorn
Pour finir, les musiques surpassent celles des deux premiers épisodes. A commencer par The Return of the King. Cette incroyable piste de 10 minutes est un pur bonheur.
En écoute avec Deezer » The Return of the King
www.deezer.com/track/19441
Elle apparaît à la toute fin du film, et retrace toutes les musiques cultes de la trilogie, la musique des hobbits, du Gondor, mais surtout le chant magnifique du roi qu’on peut entendre à 3:35 et qui est d’une beauté saisissante. Et Eärello Endorenna utúlien. Sinomë maruvan ar Hildinyar tenn’Ambar-metta. Ensuite, la musique qui est la plus magnifique à mon goût est Twilight and Shadow. Ce que ressentent les admirateurs de la trilogie en entendant cette musique n’est tout simplement pas qualifiable. Il en va de même pour Grey Havens et The End of All Things (notamment à 5:05).
Pour finir, voici la dernière bande-annonce de cette trilogie désormais culte.
A noter qu’une adaptation de Bilbon le Hobbit, un autre roman de J. R. R. Tolkien basé sur le même univers, est prévue pour 2012.








31 mai 2009 à 18 h 05 min
Oua quel article Seb… bravo !
Une des meilleures trilogies du cinéma.
2 juin 2009 à 9 h 12 min
Sympa l’article