L’Exercice de l’État, critique
Ce drame du réalisateur Pierre Schoeller retrace le parcours d’un homme politique broyé par le système. Un sujet vu et revu mais servi par des acteurs incroyables de justesse.
Synopsis : Le ministre des Transports Bertrand Saint-Jean est réveillé en pleine nuit par son directeur de cabinet. Un car a basculé dans un ravin. Il y va, il n’a pas le choix. Ainsi commence l’odyssée d’un homme d’Etat dans un monde toujours plus complexe et hostile. A quels sacrifices les hommes sont-ils prêts ? Jusqu’où tiendront-ils, dans un Etat qui dévore ceux qui le servent ?
Les hommes politiques sont dévorés par leur ambition personnelle. Même si ils ont un minimum de conscience professionnelle et d’honnêteté intellectuelle, ils sont rattrapés par le système. La « res publica » n’est qu’un leurre.
Bon, jusque là rien de très nouveau.
On pense à des films comme « La Conquête » de Xavier Durringer avec l’excellent Denis Podalydès ou « Le Président » (2006) réalisé par Lionel Delplanque avec le non moins doué Albert Dupontel. Dommage que le scénario n’aille pas au-delà de cette problématique simpliste. Le réalisateur n’échappe pas à certaines facilités. Exemple : le ministre, coupé des préoccupations du “peuple”, sympathise avec les “vrais gens”. En l’occurrence, son chauffeur personnel. Le spectateur arrive cependant à rentrer dans l’histoire, malgré quelques longueurs.
Le film est sauvé par les interprétations d’Olivier Gourmet, Michel Blanc, Zabou Breitman, Laurent Stocker de la Comédie-Française ou encore Jacques Boudet. Et Olivier Gourmet, campe avec brio un personnage partagé entre son intégrité et les intérêts supérieurs.
« Il y a un vrai parti pris de mise en scène de la part du réalisateur », annonce le distributeur avant la projection. Effectivement. Le réalisateur peut décontenancer le spectateur en plaçant ça et là une bande-son décalée ou un interlude visuel plus proche d’un happening d’art contemporain. A voir mais avec modération.
Sortie en salles : mercredi 26 octobre prochain.
Distributeur : Diaphana Distribution
1 réponse
Lâche ta prose

Tiens, c’est marrant. Vous citez un film de 2006, “Le Président” (que je ne connais pas), alors que ce décryptage “politique” me faisait, moi, plutôt penser à un autre film “Le Président” de 1961 (avec Jean Gabin), qui repasse régulièrement à la télé (non colorisé, ouf!)…
(s) Ta d loi du cine, “squatter” chez Dasola