Kaboom, critique
Accompagné de trois amis, nous nous sommes bien amusés mercredi dernier devant le nouveau film déjanté de Gregg Araki qui dynamise l’adolescence dans un univers pop psychédélique. Il se résume comme un puissant psychotrope hallucinogène à travers sa musique et ses effets visuels qui vous donnent le trouble dans vos esprits. Je vous souhaite donc la bienvenue dans Kaboom, mon coup de coeur de cette fin d’année totalement barré.
Après son grave Mysterious Skin, le réalisateur Gregg Araki revient dans un thème proche à ses convictions qu’il avait déployé dans sa trilogie adolescente apocalyptique, The Doom Generation (1994) : une histoire d’adolescent s’interrogeant sur la sexualité et la fin d’un monde virant dans un délire démesuré, surréaliste et comique.
C’est ainsi le point de départ de cette nouvelle oeuvre qui nous transporte dans un semblant de fête et d’excès où de jeunes étudiants s’amusent sur le campus de leur université. Parmi eux, nous pouvons trouver Smith (Thomas Dekker), un personnage principal bisexuel obsédé par le sexe, couche avec London (Juno Temple), une blonde avec qui la connexion passe bien et raconte tout à sa meilleure amie lesbienne, Stella (Haley Bennett). A eux deux, il mène des vies étudiantes insouciantes fantasmant pour le premier sur son colocataire Thor (Chris Zylka), beau gosse, musclé, efféminé et pour la troisième sur une brune (Roxane Mesquida) allumée et « illuminée ». Tout ceux-ci rendent le film (très) spécial et décalé par lequel des visions loufoques viennent perturber le plaisir de toute une vie, jeunesse. Les amateurs de sensations fortes ne seront pas déçus car il sera très difficile de ne pas prendre son pied !
Le cinéma de Gregg Araki apporte une sacrée liberté de ton dans les dialogues mais jouissif à toutes les sauces. Il présente un certain nombre de clichés de « teen-movies » en y mélangent effets spéciaux et gros plans de ses personnages hauts en couleur. L’ensemble est dépaysant. La musique donne un drôle d’effet dans une histoire passée sous « ectasy » où le réalisateur aime dépeindre les affres de ses adolescents encore bien jeunes qui se cherchent et imaginent déjà la fin du monde.
A partir de là, tout est permis, ils tentent de vivre leurs expériences à chaque instant de leur vie. Entre complot, secte, esprit surnaturel, Smith et sa bande sont très loin d’imaginer que rien ne va se passer comme prévu : sexe, drogue, rock ‘n’ roll sont au programme de ce film jouissif qui stimule les sens du plaisir et revigore toute la sexualité de ces jeunes ados. Nous pouvons observer un certain nombre de partie de jambes en l’air où la mise en scène y expose leur intimité et pouvons pénétrer facilement dans les vies de Smith, Stella, voire même dans leur lit. L’imagination est guidée !
A travers toutes ces images hallucinantes et loufoques, Kaboom pourrait en dérouter plus d’un à cause de la mise en scène, du thème, de cette liberté de ton extrêmement bien affûtée au sens du poil et de cet univers coloré rempli d’effets spéciaux. Au contraire, ces ingrédients permettent d’accrocher à cette oeuvre (bien) particulière dans laquelle le rêve et la réalité se confondent. Nous sommes finalement immergés dans la vie des personnages, Smith, Stella, London,Thor qui s’engouffrent dans un sas hallucinogène, coincé entre l’adolescence et le monde adulte. Les comédiens sont bien dirigés, leur interprétation est délirante, envoûtante rythmée par des dialogues croustillants et une bande-son énergique.
Donc, Kaboom se veut une oeuvre jouissive particulièrement maîtrisée par des répliques cultes et un univers psychédélique. J’ai beaucoup aimé le style très décalé du film qui apporte un final carrément explosif… Boom ! Entre insouciance et inconnu, l’humour et l’extravagance sont les deux mots-clés de cette comédie barrée qui n’épargnera pas vos zygomatiques.
N’hésitez pas à le découvrir en salles, Kaboom veut juste exister et vibrer à son propre rythme.




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