Polisse, critique

Vous avez demandé la police, ne quittez pas, une cinéaste va vous répondre. Elle s’appelle Maïwenn et Polisse est un film coup de poing qui vaut bien ceux qu’administrent certains flics zélés poussés à bout. Elle met en scène un film dur, fort et vrai, mettant en avant la violence et l’éloquence d’un sujet, des mots et des situations.

L’action se passe dans un commissariat situé au nord de la capitale française, au sein de la brigade de protection des mineurs. Entre ses murs bleus et roses défilent toute la panoplie de la misère humaine : une petite fille assurant que son papa lui a « gratté les fesses » ; des enfants battus, exploités ; une adolescente maltraitée par ses camarades ; des papas accusés de pédophilie ; une Africaine qui veut déposer son enfant à la police pour qu’il soit hébergé dans un vrai foyer ; un musulman prêt à marier de force sa fille mineure à un cousin du bled qu’elle ne connait pas… Il y aussi la solidarité entre collègues et ces nombreux fous rires dans les moments les plus impensables ; c’est savoir que le pire existe, et tenter de faire avec… Comment ces policiers vont t’ils parvenir à trouver l’équilibre entre leurs vies privées et cette réalité à laquelle ils sont confrontés au quotidien ?

Après Pardonnez-moi et Le Bal des Actrices, Maïwenn revient avec Polisse et signe un film délicat, sensible autour de la vie d’une brigade de protection des mineurs. Elle ose mettre des mots dans la bouche de ses comédiens là où ça fait mal, là où personne ne veut voir la vérité. Cette dernière ne peut correspondre qu’à une certaine banalité d’un triste quotidien à lequel une dizaine de fonctionnaire, mi-police des mœurs, mi-polices des cœurs, essaye de répondre. Leur visage est double. Ils incarnent tantôt des inspecteurs chevronnés doués d’une psychologie fine protégeant la République de la délinquance, tantôt des hommes et des femmes angoissés, dépressifs, désabusés, fragilisés par leurs vies conjugales, sociales, instables.

Puis, la caméra embarqué renforce une certaine réalité (malheureusement) bien réelle car Maïwenn s’inspire de faits divers vrais où erre toute la misère humaine. Elle embarque des acteurs étonnants qui se dévoilent dans cette singulière escouade policière. Ils se révèlent convaincants dans la violence et la tendresse, le cynisme ou la drôlerie. Ils s’expriment, se surpassent jusqu’à une certaine limite humaine pour révéler le malaise d’une société contemporaine en berne. Ainsi, c’est en adoptant les ruptures de ton, d’image, de rythme que la réalisatrice française analyse avec diligence les sujets traités et souvent complexes. Elle enchaîne des moments difficiles et de saynètes divertissantes, passe d’un accouchement d’une fille violée à une réflexion sur l’adultère ou l’alcoolisme dans la police. Avant chaque scène, on ne sait pas si l’on doit rire ou pleurer.

Le prix du Jury à Cannes est mérité pour un film sensible qui ne dénonce jamais, qui ne dénigre personne, qui ne polémique à aucun moment sur les différentes affaires de mœurs traités. De son simple regard de photographe, la réalisatrice Maïwenn, discrète, les met en scène objectivement avec l’environnement de cette brigade de protection des mineurs et toute la complexité des sujets pour souligner le malaise d’une société française. Elle réalise un film dur, fort et vrai !

Distributeur : Mars Distribution.

2 réponses

  1. Je ne suis absolument pas d’accord. Il faut savoir que Maiwenn a été immergé dans la réalité avant de faire ce film. Elle a vu la réalité dans cette brigade et la retranscrite. Ce qui vous gène en fait c’est de vous dire que c’est la vérité vrai et que des choses comme ca peuvent arriver et arrivent tous les jours. Mais il faut savoir grandir et accepter que la réalité n’est pas belle à voir et que tout le monde n’est pas aussi beau et si gentille qu’ils ne le paraissent!!!!

  2. Que de stéréotype dans ce film qui est bien loin de la réalité ! passage à l’acte sur passage à l’acte, jusqu’au dernier saut, personnage présentés comme si ils ne savaient pas penser et bah bravo! je ne suis pas d’accord avec l’image que ce réalisateur veut donner des habitants de banlieue et de surcroît des femmes.

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  2. Odile Roujol - RT @Cinematon Polisse http://t.co/cxUtTrwa ,très beau film Maiwenn, il rappelle John Cassavetes, l'intensité de la vie par toutes les pores
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