Présumé coupable, critique
De retour au cinéma après une petite absence bloguesque : Présumé coupable. Le nouveau film de Vincent Garenq relate une affaire pénale d’abus sexuel sur mineur. Elle défraye
la chronique au début des années 2000 sous l’appellation de l’affaire Outreau révélant l’une des plus grosses erreurs judiciaires de l’après-guerre.
Présumé coupable : Quand le cinéma réécrit l’affaire Outreau…
Novembre 2001, l’affaire Outreau éclate avec les accusations de Myriam Badaoui, Aurélie Grenon, David Delplanque. Alain Marécaux, un huissier de justice et sa femme Odile, sont arrêtés à leur domicile par la police pour d’horribles actes de pédophilies qu’ils n’ont pas commis. Douze autres personnes sont également dans la même situation. Menottés, leur vie est décidément fouillée dans les plus grands détails, leur garde à vue et mise en examen paraissent inévitables.
Durant leur descente en enfer, les enfants d’Alain et d’Odile Marécaux sont placés directement en famille d’accueil et les révélations deviennent troublantes lorsque ces derniers comparaissent devant le très jeune juge d’instruction. Pour assurer sa défense, Alain Marécaux désigne Maître Hubert Delarue. Dès lors, l’enquête policière et l’instruction judiciaire menée par Fabrice Burgaud, dirigée par le procureur de la République Gérald Lesigne, sont parsemées d’incertitude, elles manquent de lucidité et l’accusation fait resurgir colère et incompréhension. Comment cet avocat pourra faire éclater la vérité face à une justice aveugle ?
Aujourd’hui, 10 ans plus tard, l’affaire est retranscrite au cinéma français avec la tension d’un vrai polar mené par une réalisation honnête et pudique de Vincent Garenq qui dénonce la plus grosse erreur du système judiciaire de notre époque et montre la descente en enfer d’un homme innocent broyé par une justice injuste et inhumaine. Ainsi, le réalisateur français s’appuie sur l’ouvrage écrit en 2005 par Alain Marécaux, « Chronique de mon erreur judiciaire : une victime de l’affaire d’Outreau » pour construire la réalité d’un récit douloureux. A travers cette affaire, il confronte les points de vue des différents protagonistes et le calvaire d’un homme brisé. L’histoire fait froid dans le dos, le réalisateur illustre les fondements d’un système judiciaire et de ses failles dans une affaire abjecte. C’est pourquoi Garenq a édifié son film sur la performance d’un Philippe Torret
on qui a perdu 27 kilos pour les besoins d’un rôle très éprouvant et l’appui du vrai Alain Marécaux pour y insuffler la tension dramatique de sa triste histoire.
En suivant les pas de l’avocat Maître Hubert Delarue (Wladimir Yordanoff), du juge Burgaud et du procureur “Gérald Lesigne”, comparaître lors de l’instruction et du procès de Saint-Omer, on ne peut que percevoir le déclin de ce présumé coupable Alain Marécaux (sous les traits de l’excellent Philippe Torreton) qui ne cesse de clamer son innocence face à la défaillance d’un système judiciaire français aveuglé par des allégations aléatoires, mensongères.
Pour sa deuxième réalisation (Comme les autres), Vincent Garenq change de registre avec Présumé coupable sur la base d’une œuvre écrite par Alain Marécaux injustement accusé. Il retrace avec l’appui de ce dernier l’affaire Outreau où il raconte l’histoire d’un homme aspiré dans un énorme mécanisme médiatico-juridique. Présumé coupable nous percute par son douloureux récit, laissant éclater l’incertitude du système judiciaire français dans une sordide affaire, soulignant des conséquences graves dans la vie de ces individus détruits. Le film, l’interprétation de Philippe Torreton sont magistraux !
Distributeur : Mars Distribution.


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