Roman Polanski à la poursuite de l’écrivain fantôme dans The Ghost Writer !

Depuis que Silice m’a convaincu d’aller voir Shutter Island , je l’ai donc écouté pour aller voir dimanche dernier le dernier film de Roman Polanski en VOST, dont le thème est relativement similaire à celui du premier film. Et, puis, il y avait aussi une autre bonne raison qui m’a poussée à aller voir The Ghost Writer, à savoir : « Est-ce que ce sera le dernier film du réalisateur en raison des différentes actualités dont il fait l’objet ? »…

Voilà les raisons principales pour lesquelles je suis allé voir ce film grandiose parfaitement maitrisé par son réalisateur. Il est certainement l’un des meilleurs metteurs en scène qui, en plus de 40 ans de carrière, ne s’est jamais répété dans sa longue filmographie. Du thriller hitchcockien (The Ghost Writer) au film d’épouvante (Le locataire), en passant par le romanesque (Tess), le film noir (Chinatown) ou le film de guerre (Le pianiste), il n’a cessé de poursuivre des projets personnels.

Avant d’aller plus loin, je vous montre l’affiche du film qui est particulièrement intrigante. Elle annonce une ambiance suffocante aux travers du regard de Pierce Brosnan et de la démarche d’Ewan McGregor. Les feuilles du manuscrit, éparpillées dans la nature, définissent bien cette atmosphère pesante dans une histoire paranoïaque…

Tout d’abord, Roman Polanski s’imprègne de la même ambiance de Shutter Island, il joue sur les nerfs du spectateur dans cette histoire difficilement compréhensible. Parce qu’il s’agit d’un écrivain peu engoué par la politique, qui doit écrire en un temps record la biographie d’un ancien Premier ministre britannique assez sombre et tumultueux, exilé sur une île où les conditions météorologiques sont détestables. Mais lorsque le nègre écrivain arrive sur cette île, de vieilles affaires politiques vont resurgir, dont la mort suspecte de son prédécesseur littéraire. Accident ? Suicide ? Assassinat ?

Le film est parfaitement maitrisé par une réalisation nerveuse, sans défaut, son réalisateur impose un rythme insoutenable et une histoire troublante mélangée entre la paranoïa, la manipulation et la rédemption. A aucun moment, la caméra ne faiblit dans un décor sombre où chacun des plans est placé judicieusement. Le cinéaste a vraiment le soucis du détail en filmant tout ce qu’il passe, du sol au plafond, des visages, des émotions, des sentiments… Rien n’est laissé au hasard, où tout est là pour mieux imprégner l’ambiance car la tension est dorénavant palpable entre un ex-Premier ministre britannique et son biographe, joué par l’excellent duo Pierce Brosnan et Ewan McGregor

Ensuite, les deux heures du film et la mise en scène implacable maintiennent un suspens constant et haletant dans cette intrigue angoissante qui démarre au quart de tour où lorsque ce nègre va découvrir tout ce qui s’y cache ! L’éclairage et les décors apportent plus de profondeur à l’interprétation fiévreuse des deux comédiens. La pluie est également un élément important, elle est omniprésente et rappelle cette ambiance suffocante qu’avait créee Martin Scorsese dans Shutter Island.

On imagine là tout le caractère oppressant de cette histoire sombre où nous ne savons pas grand chose et avançons sur un terrain inconnu avec des ennemis bien plus redoutables que nous pouvons l’imaginer. Mais le nègre littéraire va se révéler surprenant qui, grâce à ses déductions, la vérité n’est plus très loin ! Et lorsqu’il la découvrira, il est déjà trop tard… C’est à cet instant que nous comprenons que Roman Polanski nous a offert une fin inégalable où les coupables ne sont pas toujours ceux qu’on pense réellement.

Si Roman Polanski a réussi techniquement son film, la performance musicale l’est également. Signée d’un grand compositeur français, Alexandre Desplat, la musique est remarquable, s’accélère au fur et à mesure de l’intrigue et nous sommes loin d’imaginer l’impact qu’elle aura sur cette ambiance oppressante.

Le casting est bon, le film doit tout à la performance de l’acteur Ewan McGregor, où lorsque ses impressions, ses doutes et ses peurs nous font avancer dans ce thriller hitchcockien d’une force incroyable ! Pierce Brosnan n’est pas mal, il soigne ses apparitions avec classe et élégance même lorsqu’il pratique du jogging. Son rôle rappelle étrangement celui de Tony Blair dans des affaires politiques sombres pleines de tension.

Quant aux restes du casting, Olivia Williams (Ruth Lang) est remarquable et étonnante. Elle fascine, intrigue parce que nous savons rien de la vie de cette femme discrète qui apparait comme la véritable muse de son mari, joué par Pierce Brosnan. Elle incarne une femme politique qui devient troublante lorsqu’elle se rapproche du nègre littéraire. Kim Cattral (Amelia Bly) est aussi parfaite que crédible dans le rôle de secrétaire, elle organise les rendez-vous, s’occupe de la presse…
Comme quoi, nous imaginons mal le pouvoir et l’influence des femmes à vouloir dominer dans la vie ou ce film hyper tendu qui va délivrer un final TRES surprenant !!

La bande-annonce se trouve ici.

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