Simon Werner a disparu… un mois avant sa sortie. La critique !
Jeudi 19 août 2010. A l’occasion de l’avant-première du film « Simon Werner a disparu » de Fabrice Gobert, j’aimerai remercier Léa pour m’avoir proposé cette invitation au Club des Étoiles, situé dans le 17 ème arrondissement de Paris. Tout d’abord, ce tout premier long-métrage n’est pas encore
sorti dans les salles (22 septembre prochain) et joue brillamment avec tous les genres cinématographiques en se résumant comme un teen movie, polar, comédie, horreur…
Ensuite, l’histoire se passe en banlieue parisienne dans les Yvelines autour de sept élèves de lycée qui n’ont plus de nouvelles d’un de leur copain. De ce fait, l’intrigue prend forme dès la première image en dévoilant une main d’un corps humain. Est-ce celle de Simon Werner ? Nous n’en doutons pas mais c’est ce que vont essayer de comprendre Jérémie, Alice, Jean-Baptiste Rabier, Frédéric, Laetitia, Luc et Clara en devenant à tour de rôle des héros… (de leur vie).
Puis s’ajoute un retour en arrière autour d’une fête d’anniversaire où Jérémie (Jules Pelissier), Alice (Ana Girardot), Rabier (Arthur Mazet) et son père mystérieux (Serge Riaboukine), Laetitia (Selma El Mouissi), Frédéric (Yan Tassin), Luc (Esteban Carvajal-Alegria) et Clara (Audrey Bastien) vont donner des nouveaux éléments sur l’histoire en y adoptant chacun leur point de vue et faisant des allers et retours dans la chronologie. L’impression se confirme donc avec le mélange des genres (teen-movie, polar, comédie, horreur), la fluidité de la mise en scène et la rigueur de l’écriture, apportant grâce à ce système de point de vue, un éclairage nouveau sur ce que nous savons déjà.
Certes, le procédé rappelle le film de Gus Van Sant (« Elephant ») mais Fabrice Gobert ne l’exploite pas suffisamment. Il apporte des informations nécessaires à l’histoire sans en dégager l’essentiel où chacun des points de vue révèle les mensonges et les erreurs des autres. Cette approche parait donc techniquement répétive, elle n’en engendre pas moins un grand suspens jusqu’à un final jugé trop décevant et banal. Mais « Simon Werner a disparu » se détache par cette facilité à construire des rumeurs et des envies autour de la vie des protagonistes incarnés par des jeunes comédiens de même génération et ancrés par des univers différents. Pendant ce moment, la tension ne cesse de s’aggraver et nous pouvons nous interroger sur l’authenticité du titre éponyme : « Simon, où es-tu ? ».
Et, pourtant, d’autres éléments viennent intriguer : la typologie du teen-movie américain qui est transposée dans notre banlieue parisienne engourdie par la nonchalance, la forêt qui active fortement les fantasmes sexuels, les jeunes qui regardent les adultes comme des potentiels suspects (et réciproquement), ou encore l’absence d’Internet, de téléphones portables qui viennent conforter le récit sur son décalage temporel et les disparus qui se multiplient.
En agitant le monde de l’adolescence, résultant de son vécu personnel, Fabrice Gobert ne cesse de déborder d’imagination pour dissimuler les preuves. Pire, encore, il nous balade avec une facilité déconcertante entre les différents points de vue de ces personnages, de son schéma narratif « un peu spécial » (la manière comment le film est décomposé) et une (son) histoire de « mecs » qui font penser étrangement au film de Gus Van Sant. Ainsi, le réalisateur réalise un sujet particulièrement dans l’air du temps, à savoir ces jeunes adolescents qui tentent d’exister à travers leurs activités, peurs, angoisses, le stress des parents, de la société (ou du lycée) dans lesquels ils vivent leurs différentes expériences, enrichissantes ou amicales pour les uns, traumatisantes, solitaires ou difficiles pour les autres. Ordinaires soient-elles mais quelque chose vient semer le trouble… Et c’est là que le problème intervient : la structure scénaristique choisie présente un sacré défaut où certaines étapes liées à la chronologie de l’intrigue auraient dues être plus étoffées pour mieux comprendre la psychologie des personnages et offrir un final beaucoup plus surprenant !
M’enfin, malgré les imperfections du scénario, le film « Simon Werner a disparu » est (reste) un bon mélodrame qui respecte les traditions du genre – crescendo dramatique, tension, apogée et dénouement. Un caractère d’identification se présente également sur le spectateur car il est très facile de se laisser envouté par une oeuvre qui retrace la période de (notre) adolescence coincée entre l’insouciance et « la positive attitude » (musique pop/rock des années 90 et la marque de Sonic Youth).
http://www.dailymotion.com/video/xeayzo
Les photos se trouvent sur cette page là.
NDR : Modification légère le mardi 24 août 2010.




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