The Prodigies, critique

Six. C’est le nombre de prodige dont Jimbo fait partie.
Quand l’intelligence est sans limite, la vengeance sera d’une violence inouïe dans un monde nocturne où cohabitent l’œuvre de Bernard Lentéric et un genre issu du comics.

Jimbo Farrar, un jeune prodige doté d’une intelligence hors norme, est capable de prendre le contrôle des autres par la force de l’esprit, de les transformer en girouettes dépourvues de volonté. Le don est fascinant, la fondation Killian le prend en charge pour enseigner ses talents à d’autres enfants surdoués. Il devient un brillant chercheur et sa nouvelle vie lui permet de trouver l’amour auprès de sa femme Ann. Par choix ou par contrainte, il décide de réunir les cinq autres prodiges à New-York et leur collaboration les entraîne dans un terrible golem de violence où une guerre de l’intelligence se déclenche. Terrassés par une agression puis trahis par le monde adulte, comment peuvent-ils arriver à se raisonner dans une ville qui les oppose et les rassemble ?

Adapté du roman éponyme « La nuit des enfants rois » de Bertrand Lentéric, le réalisateur Antoine Charreyron met en scène son premier long-métrage, un film d’animation français original reflétant les traits d’un dessinateur de comics dans une histoire violente et intelligente. Au-delà de cette idée, le metteur en scène ouvre son film à une quantité impressionnante de violence et d’interprétation ; l’un des ouvrages de Franz Kafka évoque le traitement social d’individus différents. Antoine Charreyron fait renaître un sentiment kafkaïen, il renvoie un récit parsemé de colère et d’incompréhension autour de ces personnages différents. Il apporte ainsi une réflexion à la fois critique et illustrative sur la famille, la société et le combat que l’individu mène contre lui-même s’il veut y trouver sa place.

Les images, les décors sont magnifiques et la musique de Klaus Badelt donnent du relief et de la profondeur à l’histoire des jeunes prodiges. En suivant les destins de Jimbo (la voix originale de Mathieu Kassovitz) et de ces derniers livrés à eux-même, s’unir, se désunir, on est submergé par la puissance de la violence et la détermination (un peu surréaliste) à laquelle ils font face pour décanter efficacement cette œuvre prometteuse et originale. On est attristé par la perte de l’un des leurs, dévoilant une humanité dans le regard de cette jeune femme (sous la voix de Claire Guyot).

Le film d’animation réalisé en motion capture et librement inspiré du best-seller de Lentéric, nous tient en haleine et le réalisateur Antoine Charreyron, selon certains amis, est fidèle au roman avec ces surdoués qui partent dans une folie démesurée contre un monde qui les entoure.

Ce film est une belle initiative à ne pas manquer au cinéma. Elle se définit par la puissance du récit et une mise en scène originale à travers un univers visuel exceptionnel. Il porte une réflexion sur la société et la lutte menée par ces prodiges qui percutent violemment, dont leur action pourrait déplaire à certains spectateurs. En un mot, soutenez l’originalité de l’animation française !

2 réponses

  1. Guillaume

    Mon interprétation est complètement différente, j’ai abordé un sentiment kafkaïen pour souligner la violence de ces individus.
    Merci de nous avoir proposé votre point de vue ;)

  2. “Fidèle au roman”? Non mais, je crois rêver. (ou alors, c’était pour dire que le réalisateur est plus ou moins un “enfant-roi”? Absurde.)
    Personne ne pourrait dire cela en ayant lu le livre.

    “Il apporte ainsi une réflexion à la fois critique et illustrative sur la famille, la société et le combat que l’individu mène contre lui-même s’il veut y trouver sa place.”
    Cette interprétation me paraît tellement extrapoler que c’en est déformer le sens de l’histoire. Déjà, il faut s’en tenir, si on critique le film, à la portée du film. C’est assez peu vecteur de messages, car c’est un film “grand public” (a priori, parce qu’il a malheureusement fait peu d’entrées… ça risque de ne pas encourager les futurs investissements dans ce genre de projets…)
    Ici, c’est simplement une guerre contre l’humain en général, car il porte trop d’inhumain en lui, trop d’imperfection, trop de médiocrité et trop de méchanceté… pour les enfants. C’est, en fait, un allégorie de la violence infantile (à mon avis) : les enfants sont tout-puissants, et ils voudraient “tuer tout le monde”. Les adultes sont (en principe ^^) là pour leur apprendre la patience, la relativisation, etc.
    Jimbo a eu un mentor, il a pu “s’épanouir”. Les autres ont sévèrement déraillé.

    Je suis en revanche tout à fait d’accord : ce film est, graphiquement, excellent. Saisissant. La 3D rend aussi de superbes effets. L’insuccès de ce petit bijou d’animation est bien triste.

    Je tiens à terminer en soulignant à quel point j’ai trouvé dommage que l’adaptation ressente le besoin d’ajouter un “pouvoir psychique” assez ridicule.

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