Une pure affaire, critique

Quelle idée saugrenue nous a poussé à voir une pure affaire dont l’odeur n’attire que les emmerdes de grande classe ? Et, oui, à vue de nez, nous avons trouvé le moyen (humain) de se défouler pleinement à travers nos zygomatiques et autres mimiques en tout genre D’ailleurs, à cette lecture, notre bonne humeur communicative a gêné certains spectateurs excédés de nous entendre rire dans le fond de la salle mais Alexandre Coffe nous a permis de passer un bon mardi soir rythmé par une petite surprise. Elle est très amusante, ressortant bien l’image décalée et loufoque du film et de ses personnages qui y déambulent. Une autre envie de se détendre dans un bon deal français autour d’un casting qui sniffe la moindre occasion de se faire la belle.
Et, vous, que feriez-vous en possession d’un sac chargé de drogue ? Si vous êtes comme François Damiens, vous prendrez certainement le plaisir d’oublier la monotonie d’une vie familiale lassante et de prendre du bon temps. N’est-ce pas ? C’est d’ailleurs ce sentiment qu’une amie et moi-même avions constaté dans cette (petite) comédie insolite qui se distingue par son originalité, son décalage, sa légèreté et ses situations rocambolesques. Alors, le lendemain, le blog a passé une excellente affaire jalonnée par des biftons où cohabite rire, rythme et… crottes de chien.

Les comédies françaises sont souvent mal perçues et peuvent irriter les gens de part des scènes inabouties, tirées par les cheveux, un scénario bâclé, des acteurs lourds qui essaient le comique sans y arriver. Et, puis, nous avons la chance de trouver des petites perles agréables dans le cinéma français (L’Amour, c’est mieux à deux, La chance de ma vie) que l’on aimerait garder dans nos souvenirs. Une pure affaire en fait partie ! Simple constat : David Pelame, un homme parmi tant d’autres, mène une vie attristante et fait la découverte d’un sac rempli de cocaïne. Le début de l’histoire marque le début des emmerdes, les plus mémorables soient-elles pour cet avocat dont l’avenir n’aspire plus grand chose. Une manière comme une autre de repartir de plus belle. Il décide alors d’entraîner sa femme – avec qui il forme un couple pas très enthousiaste et glamour - dans une série de péripéties hilarantes et totalement loufoques, évoquant l’opportunité d’une vie meilleure.

Très vite, le mode de vie de la famille Pelame change. Le goût du luxe, du confort et des belles mécaniques vont faire partie de leur train-train quotidien, leur faisant oublier la grisaille de leur couple, jusqu’au jour où les choses vont se compliquer réellement. Là, rien ne va leur sembler acquis. Les ennuis arrivent (enfin) et emmènent le film dans les (hautes) sphères de la connerie émotive et de la gouaille bien huilée aux dialogues caustiques : le patron, homme d’affaire redoutable, fait son entrée et la famille Pelame va devoir se plier aux règles. S’ensuit ensuite un joyeux bordel organisé entre la vengeance inéluctable d’un boss, un collègue suffisamment nigaud pour se faire épingler et des jeunes allumés qui tentent de jouer aux gros durs. Décidément, cette famille pourtant tranquille, n’est pas au bout de ses surprises !

Au départ, Alexandre Coffre met en scène une histoire banale sans prétention majeure où l’argent devient facile avec un homme nonchalant qui ne trouve pas un sens à sa vie et une femme hystérique qui s’enflamme à la moindre nervosité. Le point de vue est simple mais la recette finale de cette comédie décolle grâce à un humour belge succulent et un mélange des genres que nous imposent excellemment les comédiens François Damiens et Pascale Arbillot. A eux deux, ils se définissent comme des personnages contrastés, réunissant un couple archétype de l’ennui et de l’hystérie ; et dont ils gardent le secret pour mieux nous entraîner vers une douce et folle fable amusante insufflée au style décalé des comédies US.

D’autres éléments sont abordés dans cette comédie, les thèmes de la famille, l’amour qui disparaît et renaît lorsqu’il se trouve évincé, la communication au sein d’une tribu familiale et la réussite d’une vie professionnelle. Autant de choses empruntées à la vie réelle qu’au cinéma tout azimut, vont permettre au film prometteur d’Alexandre Coffre de renifler quelques odeurs bien sympathiques même si quelques faiblesses scénaristiques pointent son museau. Que fait cette police ? Pourquoi se laisse-t’elle berner par la naïveté de l’intrigue ? Peu importe, le ton est donné, la mise en scène est efficace, François Damien, Pascale Arbillot, Didier Flamand flairent le bon chemin à travers une interprétation originale, parsemée d’embûches qui nous garantissent un sourire exaltant !

Un très bon moment de détente à humer en famille, couple, avec amis ou non. L’intérêt de cette chouette comédie, est de vous faire sourire aux travers d’une myriade de situations drôles, décalées, légères. Une (pure) affaire pas comme les autres qui part d’un bon sentiment et s’achève sur le coeur sans prise de tête. Ouf, un zeste de fraîcheur !

NDR : « David Pelame s’invite dans vos portables, faites attention, les emmerdes vont débarquer… »

http://www.cinematon.fr/wp-content/uploads/2011/03/sonnerie-une-pure-affaire.mp3

1 réponse

  1. J’ai beaucoup aimé ce film, entre comédie (beaucoup) et film social (un peu). François Damiens y est drôle et touchant, mais j’ai surtout découvert Pascale Arbillot qui passe avec aisance de petite bourgeoise coincée à dealeuse assumée!

Trackbacks/Pingbacks

  1. Cinematon - Une Pure Affaire, un souvenir agréable à partager dans les salles obscures http://bit.ly/gVmlyM

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